Aéronautique. À Toulouse, le pari (fou) d’un A380 transformé en hôtel

article diffusé le 6 mars

Frédéric Deleuze, salarié d’Airbus, a eu l’idée de transformer un A380, voué au démantèlement, en hôtel de trente chambres. Ce projet devrait décoller en 2024 près de Toulouse, à une condition : trouver entre 5 et 10 millions d’euros. 

En décembre 2021, l’aventure industrielle de l’A380 prenait fin, quatorze ans seulement après la livraison du premier appareil à Singapore Airlines. Mais le super jumbo pourrait reprendre du service à Toulouse d’une façon inédite et originale : devenir un hôtel de trente-et-une chambres aménagées sur les deux ponts de la carlingue. Celle-ci serait reliée par une passerelle à un restaurant de soixante couverts, qui serait lui installé dans un bâtiment en forme de tour de contrôle.

Le projet, baptisé Envergure, pourrait voir le jour en 2024 sur un terrain de 8000 m² minimum sur la commune d’Aussonne, à proximité de l’usine Lagardère, là où l’avion d’Airbus était encore assemblé il y a quelques mois, du musée Aeroscopia de Blagnac, et du Meett.

Cette idée un peu folle a germé en juillet 2020 dans la tête de Frédéric Deleuze, chef de projets industriels à l’usine Saint-Éloi d’Airbus, lorsque le groupe a annoncé un plan de suppressions de postes. « Comme beaucoup, à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose en dehors de l’avionneur », se souvient-il, alors en proie aux doutes puisque les avions étaient cloués au sol en raison de la pandémie. Au même moment, plusieurs A380 étaient en cours de démantèlement. « Cela m’a semblé dommage de les mettre à la poubelle. Car chez Airbus, l’A380 est une religion. Il a quelque chose de spécial. »

Étude technique et de faisabilité en cours

D’abord tenté de faire du gros-porteur un appartement ou une maison, il est vite rattrapé par une réalité. « Il fallait trouver un projet avec une viabilité économique. Un hôtel tient davantage la route et puis, à Toulouse, il n’existait aucune proposition hôtelière insolite », argumente Frédéric Deleuze, qui vise une clientèle de passionnés et une clientèle d’affaires. « Question prix, on s’alignera sur un trois étoiles, à 120 euros la nuit », explique-t-il, prévoyant d’employer quatorze personnes.

Pour passer du rêve à la réalité, il reste une question, et non des moindres : le financement. Il faudra trouver entre 5 et 10 millions d’euros pour financer ce pari auprès des banques, d’investisseurs et de bpifrance, par exemple.

En attendant, Frédéric Deleuze avance pas à pas, confiant. Il s’est entouré de plusieurs partenaires séduits : le promoteur immobilier Duval, le bureau d’études Betem et l’agence MR3AArchitecture. Ensemble, ils ont lancé une étude de faisabilité technique et économique dont les conclusions attendues d’ici quelques jours devraient déterminer la suite à donner au projet.
Audrey Sommazi

Sur la photo : La maquette du projet Envergure. Crédit : Frédéric Deleuze et groupe Duval.

P.S. :

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