Après le diesel, l’hydrogène, le nouveau moteur de croissance de Bosch à Rodez

L’accord de transition acte la suppression de 750 personnes à l’usine Bosch à Rodez et tourne la page du diesel, ouvrant un autre chapitre, celui de l’hydrogène avec le projet FresH2.

Les premiers essais de FresH2, le transport réfrigéré alimenté par un système de pile à combustible à hydrogène, ont été effectués dans les conditions réelles. Les résultats s’avèrent concluants pour Bosch Rodez, qui pilote le projet depuis 2019 dans le cadre de la diversification du site, jusque-là tourné vers la fabrication de pièces pour moteur diesel.
Car, avec un marché automobile mondial en baisse de plus de 20 % depuis 2017 et une diminution de la part du diesel en France pour les véhicules particuliers de 73 % en 2012 à 25 % début 2021, le groupe a été contraint d’envisager l’activité du site ruthénois autrement.


Les espoirs se tournent désormais vers l’hydrogène. « L’objectif de ces premiers tests, qui se sont déroulés durant quatre semaines en septembre, en lien avec trois entreprises partenaires - Stef, Carrier Transicold et Lamberet -, était de valider la technique pour enclencher la seconde phase », explique Fabien Hervé, responsable industrialisation du projet FresH2. « Le démonstrateur demande de redévelopper cette solution plus compacte, moins lourde et moins chère pour commencer la production autour de 2024. »

Néanmoins, le groupe ne souhaite pas donner de précisions sur les montants investis ou nécessaires à sa fabrication. Encore moins sur le nombre d’employés concerné par ce projet. Or cette question demeure cruciale pour les salariés.

« On craint pour notre avenir incertain »

Car, le 9 novembre dernier, la CGT, Sud, la CFE-CGC et la CFTC signaient l’accord de transition, entérinant la suppression de 750 personnes sur 1250, à l’horizon 2028, ainsi que l’arrêt de la fabrication des injecteurs en janvier 2023. « On craint pour notre avenir incertain », s’inquiète Jérôme Pouget, délégué syndical Sud, qui avance le nombre de 130 emplois mobilisés sur FresH2 en 2025 et 250 en 2028. « Ce n’est qu’une projection », nuance le syndicaliste. « Car le volet industriel de ce projet est flou », observe-t-il. « Ce qui nous fait peur, aussi, est la formation des salariés, qui sont en plus démotivés. Ils vont passer d’un poste à un autre. Or, cela nécessite des compétences qu’ils n’ont pas. »

Autre inquiétude, relayée par Jérôme Pouget : « On a peur que FresH2, s’il fonctionne, soit délocalisé. Et nous, on n’aura plus rien. » Bosch se montre rassurant. « Le projet doit trouver son marché et ses clients. Mais le groupe est déterminé. La confiance de l’ensemble de la filière est une preuve, une garantie. Nous sommes sur la bonne voie. »
Audrey Sommazi

Sur la photo de une : Vue de l’usine Bosch à Rodez.
Sur les autres photos : Des techniciens travaillent sur les lignes d’assemblage d’injecteurs de véhicules diesel. Cette activité devra s’arrêter en 2023. Crédit : Rémy Gabalda Archives-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Apres-le-diesel-l-hydrogene-le-nouveau-de-croissance-de-l-usine,32811