Aveyron. Le maroquinier Bleu de Chauffe s’exporte dans le monde entier

article diffusé le 17 février

En 2010, après un an d’existence, Bleu de Chauffe produisait 500 sacs faits main, inspirés des anciens sacs de métier. La marque de maroquinerie aveyronnaise, qui s’exporte dans le monde entier, vise cette année les 25.000 pièces uniques, sans se départir de cette fabrication artisanale qui fait son identité.

Il y a douze ans, Thierry Batteux et Alexandre Rousseau, deux anciens du Coq sportif, respectivement responsable marketing et designer, ont retroussé leurs manches pour créer leur propre marque de maroquinerie. Leur projet était de remettre au goût du jour les anciens sacs de métier en cuir tanné végétal dans le cadre d’une production artisanale, éthique et made in France. Baptisée Bleu de Chauffe, en hommage au bleu de travail des cheminots, la griffe aveyronnaise, installée à Saint-Georges-de-Luzençon, au pied du viaduc de Millau, a réussi son pari.

Elle est passée de quelque cinq-cents sacs en cuir faits main à 20.000 en 2021 et 25.000 en prévision cette année, sans rien changer à son modèle de départ. Du design à la conception, de la coupe à l’assemblage jusqu’à l’expédition, le contrôle qualité et la gestion du web, tous les métiers sont internalisés. Chacun des trente artisans-maroquiniers a été formé pour maîtriser toutes les étapes de production d’un modèle. Une fois le sac terminé, son geste ultime sera de signer et de dater son œuvre, ce qui rend chaque pièce unique. Leur savoir-faire a d’ailleurs valu à Bleu de Chauffe d’obtenir en 2018 le label « Entreprise du patrimoine vivant ».

Matières naturelles

« Tous les sacs que nous fabriquons depuis douze ans le sont sur ce mode artisanal qui fait notre identité et notre ADN. Les deux autres piliers sont un style workwear et outdoor, inspiré des sacs de métier, et l’utilisation de matières naturelles, du coton bio et des cuirs 100 % ovins tannés avec des composants naturels, mimosa, acacia ou châtaignier, provenant de tanneries françaises », explique Alexandre Rousseau. Un procédé ancien et durable, qui permet de bannir l’utilisation du chrome, polluant et toxique mais largement majoritaire dans l’industrie du cuir. Dans la gestion de ses équipes aussi, Bleu de Chauffe est à contre-courant. La production est organisée sur quatre jours, du lundi au jeudi. Chaque artisan a son poste de travail et peut l’utiliser sur son temps libre pour travailler sur un projet personnel. Le bâtiment en structure bois et métal, dans lequel la marque s’est installée en 2017, a été pensé comme « un lieu de vie », avec son jardin collectif en permaculture. « Pour conserver les gens et leur savoir-faire, il faut se poser les bonnes questions. Le cadre de vie est important. Ce bâtiment porte notre image et nous permet de nous sentir bien », souligne Alexandre Rousseau.

Bleu de Chauffe, pour qui le marché français représente 40 % de l’activité, a trouvé à l’export de nombreux débouchés. Présente au Japon, en Corée du Sud, aux États-Unis ou encore en Angleterre et en Italie, la marque a ciblé des segments de distribution haut de gamme comme La Samaritaine, le Bon Marché ou le BHV Homme à Paris ou encore la plateforme de mode masculine Mr Porter. Une stratégie payante qui lui a permis, en 2021, d’atteindre 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nous souhaitons une croissance raisonnée et raisonnable », précise le cofondateur de la marque. « Notre ambition est de conserver une fabrication artisanale, tout en augmentant nos capacités de production, en poussant nos investissements sur le digital et notre réseau de revendeurs. »
Johanna Decorse

Sur la photo : Chez Bleu de Chauffe, chaque artisan-maroquinier est spécialisé dans un modèle de la marque et signe chaque exemplaire de sac ou de sacoche. Crédit : Bleu de Chauffe - DR.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Aveyron-Le-maroquinier-Bleu-de-Chauffe-s-exporte-dans-le-monde,33203