CCI de Toulouse : Philippe Robardey fait le bilan d’un mandat de crise(s)

Philippe Robardey, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Toulouse, ne se représentera pas pour un nouveau mandat cet automne. Il se confie sur les grands sujets qui ont marqué sa mandature.

Sur le rôle d’une chambre de commerce

« J’observe les chambres de commerce depuis trente ans. L’image parfois négative que certains avaient des salariés des chambre de commerce a été bouleversée par l’engagement très fort des équipes durant la crise du Covid-19. Au moment même où le confinement démarrait, ils se sont fortement mobilisés et ont monté rapidement, en collaborant à distance, des véritables cellules de crise. Quelques mois auparavant, la cour de comptes et d’autres autorités publiques s’interrogeaient sur l’utilité des CCI et de leurs collaborateurs. La crise économique leur a démontré que notre rôle pouvait être important. »

Sur le train de vie de la chambre consulaire

« Nous avons réduit nos dépenses ainsi que nos effectifs. Nous avons fait des rénovations pour optimiser nos espaces et pour pouvoir louer certains de nos locaux et ainsi avoir des revenus supplémentaires. Je suis un président qui n’a pas coûté très cher à la CCI de Toulouse. Elle a dû me payer, en cinq ans, un billet d’avion et une nuit d’hôtel. Il y a une période où il y avait une certaine opulence dans le train de vie des chambres de commerce et d’industrie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

Sur la crise des gilets jaunes

« Alain Di Crescenzo avait créé un fonds d’aide pour les inondations qui avaient touché la région. Nous avons changé et étendu ces statuts pour pouvoir venir en soutien des commerces et des entreprises les plus endommagées par les manifestations violentes du samedi. C’était une aide de premiers secours. Des avances remboursables dont nous avons rallongé le remboursement à plusieurs reprises. Je considère que c’est absolument anormal et insupportable que des gens n’aient pas pu travailler. Le droit de manifester s’est opposé au droit de travailler. C’est un vrai sujet de société. La santé des entreprises a été mise à mal par quelques excités présents dans les cortèges. Cela a affaibli le commerce de centre-ville, tout en renforçant celui en couronne des métropoles. »

Sur la crise du Covid

« Les dispositifs d’indemnisation, d’aides et d’accompagnement ont été beaucoup plus nombreux que lors des gilets jaunes. Ils ont permis aux commerces et aux autres types d’entreprises de résister. Une crise comme la Covid a ouvert des droits à des dispositifs à chacun des échelons locaux et au niveau national. Certaines sociétés n’ont plus payé de charges sociales, d’impôts, de loyers, etc. L’arsenal a été très étendu. »

Sur l’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB)

« Comment on aurait traversé la crise avec le précédent actionnaire majoritaire d’ATB, le Chinois Casil ? Objectivement, nous avons désormais un actionnaire principal Eiffage, qui écoute, qui échange et qui travaille avec ses associés dont nous sommes. Les relations étaient extrêmement tendues avec Casil. Nous avions un actionnaire à 49,9% qui se comportait comme s’il avait 100% des actions. Eiffage, ce sont d’excellents gestionnaires. Ils comprennent bien mieux ce qu’est qu’une gouvernance. C’est un groupe majoritairement français qui respecte les collectivités et nous respecte nous chambre de commerce. J’ai apprécié d’ailleurs l’alignement des collectivités et de la chambre de commerce sur le dossier ATB. »

Sur la liaison entre métro et aéroport

« C’est une erreur que Toulouse paiera pour les cinquante ans qui viennent. Je ne pense pas qu’il y ait une ville au monde aujourd’hui qui a un métro qui passe aussi prés d’un aéroport sans le desservir. C’est la responsabilité de Toulouse, de la métropole et des villes autour. Chacun voulait sa station pour pouvoir couper le ruban sans penser à l’intérêt collectif. »

Sur Toulouse Business School [1]

« Cela fait vingt ans que l’on réfléchit à la CCI à une nouvelle implantation pour TBS. Je trouve que nous avons perdu beaucoup de temps alors que c’est un projet structurant et majeur. L’École et sa société immobilière n’ont toujours pas signé l’acte d’achat. La fin des travaux se fera au-delà de la rentrée 2025. »

Sur sa succession

« Je n’ai pas voulu m’impliquer dans le sujet de ma succesion. J’ai donné mon avis, mais j’ai découvert la liste pour les élections une fois qu’elle a été déposée. Je me félicite qu’il y ait eu un accord entre Medef et CPME. J’espère que les personnes qui viendront dans la nouvelle mandature auront la conscience que l’on vient pour travailler, pour servir et pas pour se servir. C’est important d’avoir, à la tête de la CCI, un dirigeant reconnu pour son action préalable, indépendant par rapport aux collectivités et qui fasse entendre sa propre voix. Je n’ai pas de regrets sur mon mandat. Il a été jalonné de crises mais diriger, c’est régler les emmerdements quand ils se présentent . »
Propos recueillis par Matthias Hardoy

Sur la photo : Archives de Philippe Robardey, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Toulouse 31. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

Un scrutin à la fin du mois

La CPME31 et le MEDEF31 ont fait le choix de l’union et présenteront une liste commune aux prochaines élections consulaires de Toulouse. Il n’y aura qu’une seule liste candidate. Le scrutin (sans suspense) se déroulera uniquement par voie électronique. Il s’ouvrira le 27 octobre prochain et sera clos le 9 novembre à minuit.

Notes

[1La CCI de Toulouse est actionnaire majoritaire de TBS et Philippe Robardey est en est le président.

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Source : https://www.touleco.fr/CCi-de-Toulouse-Philippe-Robardey-fait-le-bilan-d-un-mandat-de,32210