Ce lundi, un mouvement de grève souffle sur la filière aéronautique à Figeac

Les salariés de ​​Ratier-Figeac et Figeac Aéro, deux équipementiers de rang 1, seront en grève ce lundi pour la revalorisation de leur salaire.

Après Capgemini, à Toulouse, et Mecachrome, à Launaguet, le mouvement de protestation des salariés de la filière aéronautique gagne Figeac et la Mecanic Vallée. Réunis en assemblée générale jeudi 16 juin, 200 salariés de l’hélicier Ratier-Figeac, propriété de l’américain Collins Aerospace (groupe Raytheon Technologies), ont voté une grève. Le lendemain, ils ont voulu le faire savoir. "À 7h30, ils ont interpellé notre patron, Jean-François Chanut, dans la cour d’honneur. Ils lui ont fait savoir qu’ils réclament 300 euros d’augmentation tous les mois, sachant que dans le groupe le salaire moyen est de 1700 euros", raconte Fabien Trayaud, secrétaire CGT, opérateur centre d’usinage depuis neuf ans.

Quelques heures plus tard, une réunion du Comité social et économique (CSE) démarre et se termine plus tôt que prévu. La CGT, qui souhaite que la revalorisation salariale soit à l’ordre du jour, quitte la table suite au refus du dirigeant. Dans la foulée, les salariés votent une grève illimitée au regard des résultats record du groupe en 2021 : 36 millions d’euros de bénéfice net et 25 millions d’euros distribués à l’actionnaire. "Chaque année, on nous fait croire qu’il n’y a pas d’argent. On ne peut plus entendre cela", ajoute Fabien Trayaud.

La direction du groupe indique, de son côté, être "consciente de l’inflation et de l’impact de la guerre en Ukraine". "Nous prendrons des mesures pour les salariés. Mais nous avons besoin de certains détails administratifs pour les mettre en place. Nous les présenterons en juillet, lors du prochain CSE", assure le groupe.

"C’est maintenant que nous devons agir."

​​Les salariés en colère de Ratier-Figeac ne seront pas les seuls, ce lundi, à cesser le travail. La CGT de Figeac Aéro, ce sous-traitant lotois qui fabrique des pièces élémentaires de grandes dimensions, de pièces moteurs, de pièces précises ou pour la réalisation de sous-ensembles, invite l’ensemble du personnel à débrayer entre midi et 14 heures, devant le parking de la direction. Motif ? "Pour les NAO 2022, le cahier revendicatif de la CGT exigeait une augmentation générale des salaires de 6 % avec un talon de 150 euros alors que ceux qui réclament des primes aujourd’hui demandent tout juste 3 %", explique l’organisation salariale dans un communiqué. "La direction nous informe d’une « réunion d’échanges » comme elle dit, sur la question du pouvoir d’achat, le mardi 21 Juin. C’est maintenant que nous devons agir."

Le même jour, Figeac Aéro bouclait son projet d’augmentation de capital pour un montant de près de 53,5 millions d’euros au profit d’Ace Aéro Partenaires, filiale de Tikehau Ace Capital. En 2021, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 204,6 millions d’euros. Contactée par ToulÉco, la direction n’a pas donné suite.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Les salariés de Ratier-Figeac ont cessé le travail dès vendredi 17 juin. - Crédits : Fabien Trayaud CGT Ratier-Figeac.

P.S. :

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Source : https://www.touleco.fr/Ce-lundi-un-mouvement-de-greve-souffle-sur-la-filiere,34632