Christine Dechaumont : « Les métiers du notariat restent méconnus du jeune public »

Élue pour deux ans à la présidence de la chambre des notaires de la cour d’appel de Toulouse, Christine Dechaumont veut redonner de la visibilité à la profession, et accompagner la jeune génération. Rencontre.

Vous représentez une profes-sion discrète et assez mécon-nue. Pourquoi avoir eu envie de vous engager dans cette mission ?
La cour d’appel de Toulouse représente quatre départements : la Haute-Garonne, l’Ariège, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, soit 585 notaires répartis dans 257 études. Moi-même, je suis notaire à Albi depuis 2012 et j’étais auparavant notaire fiscaliste au Cridon, l’organisme d’expertise notarial. Mais au cours de ce parcours varié, j’ai toujours fait partie de la chambre et du conseil supérieur du notariat, et j’ai naturellement eu envie de m’engager pour représenter la profession.

Quelle est votre feuille de route ?
Je souhaite concentrer mon action sur l’accompagnement des jeunes notaires en leur dédiant notamment une commission afin de mieux les intégrer à la chambre ; et les accompagner dans leur début de carrière. En effet, la loi croissance portée par Emmanuel Macron et adoptée en 2015 a modifié les règles d’accès à la profession, -on crée désormais son office par tirage au sort-. En cinq ans, cinquante-cinq jeunes notaires se sont installés dans notre cour d’appel soit une hausse de 30%. Or, nous sommes inquiets pour l’avenir de certaines de ces structures. Au niveau national, un tiers de ces nouveaux notaires s’en sortent bien, un tiers sont dans une espèce de ventre mou et les autres n’ont jamais lancé leur activité.

Vous vous dites également préoccupée par des difficultés de recrutement dans vos études. Pourquoi ?
En effet les métiers du notariat restent méconnus du jeune public et je souhaite les promouvoir. Assistants, comptables, formalistes, négociateurs ou clercs… Nous employons 1600 collaborateurs à des postes variés dans les 257 offices notariaux de la chambre, or nous rencontrons régulièrement des difficultés pour recruter, en particulier en dehors de la Haute-Garonne. Nous envisageons une campagne de communication à destination des lycées pour gommer cette image décalée qui nous colle à la peau.
Notre profession s’est rajeunie, féminisée, et modernisée !

Les notaires sont aussi aux premières loges en matière d’immobilier, quelle est votre vision du marché pour 2021 ?
L’immobilier s’est maintenu en 2020 contre toute attente, et malgré deux confinements. À ce jour, les prix restent stables, comme le nombre de mutations. Mais nous sommes plus inquiets pour les mois à venir car le marché est totalement connecté à l’activité économique et les banquiers restent très attentifs aux secteurs d’activité des emprunteurs. 2021 pourrait être une année plus compliquée pour l’immobilier.
Propos recueillis par Béatrice Girard
Photo Rémy Gabalda

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Source : https://www.touleco.fr/Christine-Dechaumont-Les-metiers-du-notariat-restent-meconnus-du,31125