De l’aéronautique à la maroquinerie de luxe : le nouveau défi de ST Luxury

ST Composites, à Labège, a payé cher sa dépendance à Airbus en 2020, avec la crise du Covid-19. Mais, très vite, la PME s’est diversifiée sur le secteur du luxe. Une gamme de bagages devrait entrer en production avant la fin de l’année.

Lorsque Stéphane Trento a fondé ST Composites en 1998, spécialisée dans la fabrication de pièces en composite pour l’aménagement des cabines d’avion et des cockpits, il ne pensait pas, un jour, parler de vanity, malle, trolley, valise, de coffre ou de boîte à cigare. Car tout allait bien pour cette PME de plusieurs dizaines d’employés, installée à Labège, bien loin de l’univers de Vuitton, d’Hermès et de la maison Goyard : des contrats pleuvaient en veux-tu en voilà avec Airbus et toutes ses familles d’avion, avec la filiale ATR et ses modèles 42 et 72, avec le Rafale de Dassault, avec Boeing aussi et son 787. Puis, la crise du transport aérien est venue enrayer cette croissance et les perspectives de la société. Très dépendante de l’avionneur européen (80% de son activité), ST Composites perd 60% de son chiffre d’affaires en 2020.

Déjà engagé dans la transformation de son site en usine du futur pour plus de 1 million d’euros, le patron décide de « faire de la crise une opportunité ». « On utilise cette usine digitalisée et automatisée pour chercher des programmes de diversification et proposer des solutions novatrices et compétitives. Je me positionne pour être crédible », assure le dirigeant, tombé dans l’aéronautique dès sa petite enfance.

2000 euros, le premier prix

Pas question de se lancer dans tout et n’importe quoi, sachant que le luxe ne connait pas la crise. Mieux, en 2025, ce secteur devrait compter 450 millions de consommateurs à travers le monde, soit 60 millions de clients supplémentaires. Pour prendre sa part du gâteau, Stéphane Trento investit 1 million d’euros supplémentaire dans cette même usine du futur, en l’équipant d’un robot et d’une imprimante 3D et obtient 800.000 euros dans le cadre du Plan relance. En avril dernier, il crée sa seconde entreprise, ST Luxury, chargée de fabriquer une ligne de bagages et d’accessoires, à partir des technologies aéronautiques. Le premier prix approche les 2000 euros.

Le cuir de vachette biosourcé, le carbone et les fibres végétalisées, comme le bambou, sont les matériaux privilégiés. Si une vingtaine de prototypes est fin prête, le lancement de la production est prévue avant la fin de l’année. Pour la distribution, ST Luxury injecte 200.000 euros dans une boutique virtuelle luxueuse pour proposer aux futurs clients « une expérience » dès le dernier trimestre de l’année.
Pour soutenir ce projet, l’entreprise ouvre son capital en lançant une opération de crowdfunding via la plateforme Wiseed et « l’Épargne Occitanie », le dispositif de la Région Occitanie, afin de récolter 400.000 euros.
Audrey Sommazi

Sur les photos :
Le patron de ST Luxury, Stéphane Trento.
Un produit de la nouvelle gamme luxe de ST Luxury. Crédits : DR.

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