En 2021, l’aéronautique a (un peu) relevé le nez

Après le choc de 2020, la filière aéronautique dans le Sud-Ouest a repris des couleurs sans parvenir à retrouver son niveau d’avant-crise : c’est le bilan que dresse en 2021 l’Insee Occitanie dans son enquête.

Après le mur, le temps de la convalescence. En 2021, les entreprises aéronautiques, qui ont pris de plein fouet en 2020 la pandémie, ont remonté progressivement la pente. C’est ce qui ressort de la photographie qu’a dévoilée l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) Occitanie, en décembre, dans son enquête menée auprès de 2520 entreprises aéronautiques et spatiales du grand sud-ouest.

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Mais ce retour à la croissance est limité. Si le chiffre d’affaires repart à la hausse (+5,7 % par rapport à 2020), cette hausse est trop modérée pour effacer le fort recul enregistré l’année précédente (-33 %). De plus, tous les métiers ne sont pas concernés par cette croissance et il existe de fortes disparités entre eux. Ainsi, les équipementiers électroniques et électriques (+22,3 %), les acteurs du tertiaire (+11,5 %), en particulier les services à forte valeur ajoutée comme l’informatique et l’ingénierie, retrouvent le sourire. En revanche, le secteur de la métallurgie continue à essuyer les effets de la crise : le chiffre d’affaires diminue pour la deuxième année consécutive (-16 % en 2021 après -24 % en 2020).

Hausse du prix de l’énergie et des matières premières et difficultés de recrutement

Les problèmes de trésorerie constituent le principal facteur qui pèse sur l’évolution de la situation financière des entreprises de la filière en 2021, pointe l’Insee dans son étude. Notamment dans la métallurgie et la construction aéronautique, deux secteurs particulièrement sensibles à la hausse du prix de l’énergie et des matières premières.

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Face à cette réalité, Airbus a repoussé son calendrier d’accélération de la production, donnant un peu de souffle aux sous-traitants et fournisseurs. Le constructeur a annoncé n’atteindre que début 2024, au lieu de l’été 2023, son objectif intermédiaire de production de 65 appareils monocouloirs par mois, tout en conservant un objectif de production mensuelle de 75 avions monocouloirs en 2025.

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Début de 2022, les chefs d’entreprise s’accordent à dire que l’activité est en hausse par rapport au second semestre 2021. Et que, pour l’anticiper, 76 % des entreprises de la filière ont recruté ou envisagent de le faire. Parmi elles, 63 % ciblent le domaine de la production, 48 % l’ingénierie et 30 % le commerce. Mais, 78 % d’entre elles rencontrent des difficultés de recrutement.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Certains équipementiers aéronautiques, ici Segula Technologies, poursuivent leurs recrutements. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/En-2021-l-aeronautique-a-un-peu-releve-le-nez,36461