Immobilier à Toulouse. Accalmie après des hausses de prix extravagantes ?

La chambre des notaires a dévoilé, le 29 septembre, ses dernières statistiques de ventes d’immobilier ancien et signalé des hausses de prix à deux chiffres dans vingt quartiers de la Ville rose. Une telle inflation ne s’était pas vue depuis quinze ans !

Crise sanitaire oblige, ce week-end, le salon de l’immobilier n’aura pas lieu à Toulouse ; sans doute une déception pour les acheteurs potentiels. En Haute-Garonne, en effet, l’engouement pour la pierre a été extrêmement fort ces derniers mois. Entre juillet 2019 et juillet 2020, 14.000 transactions ont été conclues dans l’ancien, sur un marché un peu survolté. Les volumes de ventes d’appartements anciens ont progressé de 5,8 %, ceux des maisons anciennes sont restés stables (+ 0,2 %). Seules les ventes de logements neufs ont plongé (- 22 %), faute d’offre suffisante. « Après le confinement, nous pensions que la reprise ne serait que progressive et, au contraire, l’activité a flambé », décrit Philippe Pailhès, président de la chambre des notaires de Haute-Garonne. Ainsi, entre mai et juillet dernier, les notaires ont enregistré plus d’actes que d’habitude (+ 3 %) tandis que les budgets consacrés aux acquisitions de maisons ont progressé de 7 % dans le secteur toulousain.
À Toulouse, les prix ont d’ailleurs augmenté plus rapidement qu’ailleurs : + 8,9 % pour les appartements anciens, contre 7 % en moyenne ailleurs en France. La ville reste à ce jour la septième la plus chère de province.

Pas un simple rattrapage

Si certains qualifient le phénomène de simple rattrapage post-confinement, les notaires y voient de nouvelles tendances parmi leurs clients. « Le confinement a provoqué une réflexion sur le changement d’habitat. Certains n’ont pas hésité à vendre des appartements en ville pour acheter des maisons avec jardins un peu plus loin. D’autres, inquiets pour leurs économies, ont converti leur épargne en investissement immobilier », décrit maitre Frédéric Giral.

Dans Toulouse, le prix médian pour un appartement ancien atteint désormais 2900 €/m2 et tous les quartiers ou presque ont profité de cette hausse des prix : vingt quartiers ont enregistré une hausse entre 11 et 19 %. Saint-Georges, Saint-Etienne et le Capitole ont même franchi la barre symbolique des 5000 € /m2 avec des hausses respectives de 14,5 %, 5,8 % et 13,2 %. « C’est un niveau d’inflation que nous n’avions pas observé depuis quinze ans », estime Philippe Pailhès.

La fin de l’emballement

La rentrée, ses premières annonces de plans sociaux et les difficultés de financement pour les emprunteurs semblent cependant sonner la fin de l’emballement. « Nous avons enregistré 18 % de taux de refus de crédit en Occitanie ces dernières semaines », pointe Sandrine Allonier, la porte-parole du réseau d’agences de courtage Vousfinancer.
Un constat partagé par les notaires, qui décrivent des conditions d’accès au crédit resserrées, et beaucoup d’échecs de crédits entre les promesses de ventes et les contrats définitifs. « Nous allons vers un marché qui se stabilise, avec moins d’échanges et des prix qui seront forcément plus contraints. 2021 sera une année de transition sans doute bien loin des records battus ces dernières années », prévoit Philippe Pailhès.
Béatrice Girard

Sur la photo : En un an, Toulouse a enregistré des hausses de prix spectaculaires, mais les banques serrent la vis et 2021 sera sans doute une année de transition. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Immobilier-a-Toulouse-l-accalmie-apres-des-hausses-de-prix,29570