À Toulouse, l’appel de détresse des professionnels de l’événementiel

Le vendredi 6 novembre, place du Capitole, les professionnels de l’événementiel, de la restauration, de la culture et du sport se sont mobilisés. À travers une performance assez spectaculaire, ils ont voulu dénoncer le manque d’aides pour affronter un reconfinement qui les frappe durement.

Les professionnels de l’événementiel, de la restauration, de la culture et du sport de la région Occitanie ont voulu frapper les esprits sur le Capitole, ce vendredi 6 novembre en début d’après-midi. La place toulousaine est entourée de barrières. L’accès est filtré pour assurer la sécurité en ces temps de plan Vigipirate « Alerte Attentat ». Environ 1000 personnes, toutes de noir vêtues, sont face à un écran géant, alignées et séparées d’un mètre chacune pour respecter les gestes barrières. Filmées par plusieurs caméras et un drone, elles ont réalisé une performance assez impressionnante avec beaucoup d’images marquantes. Des poings levés, des hommes et des femmes qui tombent peu à peu au sol avant d’être recouverts d’une marée de parapluies noirs. Toujours debout, une ballerine danse. Plus loin, un danseur de hip-hop en action. Et puis le chant puissant d’Omar Hasan, ancien rugbyman du Stade Toulousain, désormais chanteur lyrique qui résonne. Une mise en scène forte pour exprimer l’angoisse et la colère de secteurs économiques qui ont peur de ne pas pouvoir se relever de la crise actuelle qui les oblige à baisser le rideau.

Des aides jugées insuffisantes

Selon Samuel Cette, président de la CPME 31 et de la CPME d’Occitanie, « il y avait besoin de symboliser ce que fait subir le confinement à nos entreprises. Celui-ci à un effet bénéfique sur la santé, mais un effet très négatif pour nous. » Comme d’autres chefs d’entreprise, il demande au gouvernement « de pouvoir travailler dans le respect des gestes barrières » ou, à défaut, « la réparation totale du préjudice qui nous touche ».

Benjamin Serra, restaurateur, vice-président de la CPME31 et président de la section Commerce, est inquiet face aux loyers en retard et aux congés de salariés qu’il va falloir payer. « Il faudrait que le gouvernement les prennent en charge. Pour le moment, on ne reçoit pas vraiment d’aides à part le chômage partiel. Il y a toujours un moment où on ne rentre pas dans une case. Si vous ne perdez pas 50 % de chiffre d’affaires par exemple, vous n’êtes pas considéré comme en réel danger et vous ne recevez presque rien. »

Détresse des patrons et de non-salariés

Il pointe aussi la solitude et la précarité croissante des chefs d’entreprises. « De plus en plus de patrons ne peuvent plus se sortir un salaire. Il faudrait une sorte de RSA ou une indemnité. J’ai moi-même environ 200 euros par mois en ce moment. Certains chefs d’entreprises sont en vrai danger ! Quand vous voyez, dans les tribunaux de commerce, une affiche pour une aide médicale ou psychologique, cela fait vraiment mal au cœur », affirme le restaurateur avec émotion.

Jean-François Renac, dirigeant de la société d’événementiel Miharu et membre du collectif SOS Events 31, milite pour que les dirigeants, mais aussi les non-salariés nombreux dans son secteur, « qui ne peuvent pas bénéficier du chômage partiel puissent recevoir une aide pour pouvoir survivre ».

« Cet événement, c’était notre dernière fusée de détresse », affirme avec tristesse Benjamin Serra, qui ne prévoit pas de suite immédiate à cette manifestation. Steve Gallais, fondateur de l’agence Verywell, décrit, lui, le cauchemar des secteurs mobilisés ce jour : « Que lorsque la crise sera terminée, beaucoup de ce qui sert de lieux de loisirs n’existe plus. »
Matthias Hardoy

Sur la photo : une performance dansée, avec des dirigeants et des salariés de noir vêtus, sur la place du Capitole pour alerter les pouvoirs publics. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/L-appel-de-detresse-des-professionnels-de-l-evenementiel,29885