La cité internationale des chercheurs sort de terre à Toulouse

Un complexe immobilier de 13.000 m2, 383 logements, un tiers-lieu, une salle de conférences… Et un investissement de 41,7 millions d’euros. Voilà le programme de la future cité internationale des chercheurs en construction quartier Saint-Michel, à Toulouse.

Avec la cité internationale des chercheurs, l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées voit enfin se réaliser un projet majeur, initié il y a plus de dix ans, dans le cadre de l’ancien plan campus. « Avec ce complexe de 383 logements, nous répondons à deux enjeux », se félicite Christophe Sonnendrucker, le chef de projet immobilier de l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. « D’une part, loger les étudiants-chercheurs lors de leurs séjours d’étude dans la Ville rose et, d’autre part, réinvestir l’historique quartier des sciences. »

En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, Toulouse, 2e ville universitaire de France après Paris, ne disposait jusqu’à présent d’aucun lieu identifié pour recevoir et loger les chercheurs internationaux, invités dans les laboratoires, grandes écoles et universités de la ville. Si le projet a été si long a se concrétiser, c’est parce qu’il manquait des fonds pour le financer. L’opération voit finalement le jour grâce à un financement du contrat de plan État-Région (CPER) 2015-2020 à hauteur de 4 millions d’euros, mais aussi la participation de l’État (via les crédits ANR du plan Campus), de la Région, du Conseil départemental de Haute-Garonne et de Toulouse Métropole.

L’investissement total s’élève à 41,7 millions d’euros HT, dont 28 millions d’euros HT de travaux. C’est l’entreprise sociale de l’habitat, Cité Jardins, lauréate de l’appel d’offre lancé en 2017, qui a été désignée maître d’ouvrage et concessionnaire.

Redonner vie au laboratoire historique de Paul Sabatier

La maîtrise d’œuvre est assurée par un groupement de conception réalisation avec notamment les architectes Groupe Joël Nissou et Taillandier Architectes Associés.
Ce programme, qui comprend la construction de deux bâtiments neufs et une vaste partie de réhabilitation, va s’articuler autour d’un bâti historique, le fameux « bâtiment H » (en référence à sa forme). Il s’agit du laboratoire de recherches construit par le chimiste toulousain Paul Sabatier au début du XXe siècle et financé grâce à l’obtention de son prix Nobel. « Entièrement "curé", ce bâtiment H verra ses façades en briques foraines et enduit reprises à l’identique, les trames d’ouvertures ont été conservées et les charpentes refaites », décrit Joël Nissou.

Relier le Busca et Saint-Michel

Autre enjeu de ce programme pour les architectes : désenclaver cette parcelle de près d’un hectare. « Après la démolition de plusieurs bâtiments, le formidable potentiel du site s’est révélé et nous nous sommes attachés à relier ces deux quartiers, le Busca et Saint-Michel, qui ne dialoguaient plus, par une traversée piétonne », décrit Pierre-Louis Taillandier.

La mise en service de la cité internationale des chercheurs est annoncée pour janvier 2023. Elle disposera donc d’une résidence hôtelière pour des séjours de courte durée (d’une nuit à six mois), de logements en location (d’un à dix mois). Un espace tiers-lieu « corpoworking », dont la gestion sera confiée à At Home, une salle de conférences de 200 places, un restaurant et un parking en sous-sol complèteront l’ensemble.
Béatrice Girard

Sur la photo : Une cité internationale des chercheurs ouvrira ses portes en janvier 2023 à Toulouse pour accueillir et loger des chercheurs du monde entier. Crédit : L’atelier des chimères.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/La-cite-internationale-des-chercheurs-sort-de-terre-a-Toulouse,32482