Luxe. Depuis Toulouse, Laujoa lance sa marque de joaillerie

Lancée en janvier 2020, la marque de joaillerie de luxe Laujoa a ouvert en septembre un show-room au centre de Toulouse. Sa créatrice, Laure Jonquères d’Oriola, a travaillé durant dix ans pour Van Cleef & Arpels, Cartier ou Dior avant d’apposer sa signature sur ses propres bijoux.

C’est dans un petit appartement, donnant sur la cour d’un hôtel particulier de la rue Saint-Rémésy, au centre de Toulouse, que Laure et Thomas Jonquères d’Oriola reçoivent sur rendez-vous. Rien n’indique la présence de Laujoa à l’entrée de la porte cochère. L’ambiance est feutrée, on entre et on sort en toute discrétion. Après plusieurs années à Paris, c’est dans la Ville rose, non loin de ses racines, que le couple a décidé de lancer sa propre marque de joaillerie. Un aboutissement et un rêve de jeunesse pour la jeune créatrice, accompagnée dans son projet par son mari, à la tête d’une société de conseil en management.

Diplômée de la Haute École de Joaillerie de Paris en 2008, Laure Jonquères d’Oriola a fait ses armes chez Cristofol-ASF, un atelier de haute joaillerie intervenant pour les plus grandes maisons de la place Vendôme, dont Van Cleef & Arpels, Cartier, Dior ou Chanel. « J’ai appris dans cet atelier différentes techniques et différents styles artistiques. J’ai parfois passé jusqu’à 500 heures sur un seul bijou. J’ai voulu mettre à profit ce savoir-faire acquis dans la haute joaillerie pour ma propre marque », explique-t-elle.

Première collection

Avant de donner forme à sa première collection, Laure Jonquères d’Oriola a travaillé six mois sur le dessin de son motif, une feuille asymétrique à cinq pétales, déclinée en bague, bracelet, boucles d’oreilles, pendentif et sautoir. De nombreux croquis au mur témoignent de ses recherches. Sculptés dans de l’or blanc, jaune ou rose, dans son petit atelier donnant sur le show-room, les quatorze modèles de la collection sont personnalisables selon le choix des pierres précieuses, diamants ou saphirs, et des pierres fines, améthyste, quartz rose ou fumé ou encore grenat rhodolite.

La joaillière propose aussi des créations sur mesure à partir de 6000 euros. « Dans ce cas-là, nous recevons nos clients pour un entretien afin de comprendre leurs attentes. Il ne s’agit pas d’un achat impulsif mais d’une expérience unique qui nécessite un accompagnement. Et, pour moi, à chaque nouvelle pièce, c’est une page blanche qui s’ouvre. Je soumets plusieurs croquis et nous sélectionnons ensuite les pierres. Après seulement, la fabrication peut commencer », précise Laure Jonquères d’Oriola.

Après Toulouse, Paris

Pour ses matières premières, Laujoa s’approvisionne en or recyclé 18 carats auprès d’un fournisseur labellisé RJC (Responsible Jewellery Council). « Un lapidaire membre de la ICA, International Colored Gemstone Association, nous fournit en pierres de couleur, ce qui nous garantit une origine et une qualité irréprochable dans la sélection de nos gemmes. Quant aux diamantaires belges avec lesquels nous travaillons, ils s’approvisionnent auprès de sources légales et non impliquées dans le financement de conflits armés, en conformité avec les résolutions des Nations-Unies. Nous n’avons pas de stock à vendre contrairement à un bijoutier, nous vendons pour fabriquer », expliquent Thomas et Laure Jonquères d’Oriola.

Le couple, qui a consacré quelque 80.000 euros au lancement de sa marque, notamment pour son site de vente en ligne et l’outillage, a déjà réalisé une quinzaine de projets. Il vise, pour 2020, un chiffre d’affaires de 150.000 euros et, d’ici trois ans, de 600.000 euros. La marque de joaillerie projette aussi d’agrandir son atelier et de se développer à Paris, où elle a pour l’instant conservé son siège social.
Johanna Decorse

Sur les photos : Laure et Thomas Jonquères d’Oriola, à l’origine d’une nouvelle marque de joaillerie, Laujoa, ont ouvert un atelier et un show-room à Toulouse. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Un bijou, plusieurs étapes de fabrication

Une fois le dessin validé, le bijou est modélisé en 3D puis en cire pour visualiser ses volumes et ses proportions. Ce dernier modèle, suivant le procédé de fonte à cire perdue, est placé dans un moule en plâtre dans lequel on verse le métal en fusion pour obtenir le bijou en or brut de fonte. C’est après cette étape, effectuée chez un partenaire de Laujoa, basé à Nice, que Laure Jonquères d’Oriola récupère le bijou, le façonne en sculptant le métal et le prépare pour le sertissage.

Avant cette opération délicate confiée à un sertisseur parisien et qui consiste à venir refermer le métal sur les pierres afin de les fixer au bijou, chaque création est poinçonnée. Le poinçon d’état, insculpé par les Douanes, garantit la teneur en métal pur, en l’occurrence de l’or 18 carats. Un second, dit poinçon de maître, est apposé par le joaillier pour certifier l’origine de fabrication. Pour Laujoa, c’est une branche de corail dans un losange. Avant la remise du bijou dans son écrin, l’ultime étape est le polissage. Réalisé à Toulouse, il vient donner leur brillance aux pierres et au métal.

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Source : https://www.touleco.fr/Luxe-Depuis-Toulouse-Laujoa-lance-sa-marque-de-joaillerie,29559