Municipales 2020. À Montpellier, quatorze candidats pour un scrutin indécis

Implosion des Verts initialement favoris, un maire-candidat qui se déclare in extremis et refuse les débats, des candidats aux profils inédits : la métropole du Languedoc vit une campagne totalement folle.

Un signe qui ne trompe pas. Jeudi 5 mars, lors d’un débat avec six candidats à l’élection municipale de Montpellier, organisé par l’ABCD, association regroupant les promoteurs immobiliers, aménageurs, agents immobiliers et constructeurs, le nom de Georges Frêche a été prononcé une dizaine de fois. Traduction : l’ancien maire de Montpellier (de 1977 à 2004), disparu en 2010, qui a imaginé avec son adjoint à l’urbanisme, Raymond Dugrand, l’extension de la ville vers la mer, n’a pas trouvé de successeur incontesté. Pour preuve, le nombre de candidats pour l’élection municipale de 2020 : quatorze !

Les divisions font exploser EELV

Dans la deuxième ville d’Occitanie, très marquée à gauche, les écologistes tenaient la corde. Plusieurs sondages, entre octobre et novembre, ont placé Clothilde Ollier, alors tête de liste EELV, en tête des intentions de vote, devant le maire sortant, Philippe Saurel (DVG). Une grande métropole, prenable par les écolos ? C’était sans compter sur les divisions internes au mouvement. Jean-Louis Roumégas, candidat malheureux à la primaire EELV, a présenté une candidature dissidente. « Il a été téléguidé par Saurel pour torpiller EELV, veut croire une source proche. Il ralliera Saurel entre les deux tours. »

Autre coup de théâtre : le bureau national d’EELV retire, en janvier, son investiture à Clothilde Ollier, après que cette dernière a effectué un coup de barre à l’extrême-gauche, jusqu’à la composition de son équipe de campagne. L’investiture EELV est attribuée début février, en catastrophe, à Coralie Mantion, qui ne décolle pas dans les sondages. Clothilde Ollier conteste la décision d’EELV devant les tribunaux et maintient sa candidature. Conséquence : de position de favori du scrutin, le mouvement écologiste pourrait n’avoir aucun représentant au 2e tour, victime de ses divisions internes.

Un entre-deux tours décisif

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Midi Libre, avec Sud Radio et Via Occitanie, paru le 5 mars, le scrutin va être très serré. Philippe Saurel recueille seulement 19 % des intentions de vote, suivi du milliardaire franco-syrien Mohed Altrad, sans étiquette (12%), par ailleurs président et actionnaire du Montpellier Hérault Rugby, et de Michaël Delafosse, PS (11%), soutenu par la présidente de Région Carole Delga. Jouant la statue du commandeur, le maire-candidat s’est volontairement déclaré sur le tard, le 20 février, après une opération au genou droit (pose d’une prothèse) début janvier.

Il ne participe à aucun débat avant le premier tour. S’il dispose d’une bonne avance sur ses concurrents au premier tour, profitant de l’émiettement des candidatures, son socle se fragilise : « moins d’un électeur sur deux qui avait opté pour lui en 2014 revoterait pour lui », souligne l’Ifop. Dans ce sondage, les onze autres candidats coincent à moins de 10 %, même si la candidature attrape-tout et populiste de l’humoriste Rémi Gaillard, tout comme celle de Clothilde Ollier, sont aux portes du second tour, avec 9 % d’intentions de vote.

Les candidats LR (Alex Larue) et LREM (Patrick Vignal) sont à des niveaux très bas au regard du poids de leurs partis respectifs au niveau national : 7 % et 5 %. Au second tour, Saurel et Delafosse sont au coude à coude (entre 35 et 40 % des intentions de vote), Saurel ayant à ce jour un peu d’avance. S’il arrive en deuxième position au premier tour, le très médiatique Mohed Altrad plafonne au deuxième tour. Les stratégies d’alliances, scellées entre les deux tours mais déjà en cours de négociation, seront la clé de ce scrutin hors norme.

Un rapprochement entre Michaël Delafosse et Coralie Mantion semble déjà acté. Jean-Louis Roumégas pourrait rallier Philippe Saurel. Les positions respectives de Rémi Gaillard, Clothilde Ollier, Alex Larue et Patrick Vignal, s’ils ne vont pas au deuxième tour, pourraient s’avérer décisives. « Personne ne gagnera seul », résume le politologue montpelliérain Emmanuel Négrier.
Hubert Vialatte

Sur la photo, de gauche à droite : Philippe Saurel, Clothilde Ollier, Mohed Altrad et Michaël Delafosse, quatre des quatorze candidats aux prochaines élections municipales de Montpellier. Montage ToulÉco - DR.

1 Message

  • Charles le 10 mars 06:08

    Oui, en effet, on vit une campagne complètement folle. Il faut dire que nous vivons dans un drôle de monde, dans lequel certains « journalistes », oubliant les principes fondamentaux de leur profession, sous prétexte d’informer, font de grosses omissions dans leurs analyses et leurs descriptions du paysage. En effet, comment ne pas parler de la liste Nous Sommes, liste citoyenne composée de nombreux acteurs du secteur associatif et alternatif, de la nouvelle économie de la transition, de la recherche et du secteur social ? Vous avez peur à ce point que vous ne mentionnez même pas Nous Sommes ? Ce n’est pas en omettant de parler d’un sujet que vous éliminerez le sujet, vous êtes loin d’avoir un tel pouvoir, redescendez sur terre. Vous avez le droit d’avoir vos opinions, la différence entre vous et moi c’est que moi je me battrai pour que vous puissiez les exprimer, vous vous ne nous citez même pas. Au regard de cela, tous vos argumentaires et articles tombent à l’eau, à chaque lecture l’on se demandera : mais que ne nous dit pas M. Vialatte ?

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Municipales-2020-A-Montpellier-quatorze-candidats-pour-un,28261