René Bouscatel : « Chaque club a son histoire, sa culture et son modèle économique »

En succédant le 23 mars dernier à Paul Goze à la présidence de la Ligue nationale de rugby (LNR), René Bouscatel a surpris son monde. Après vingt-cinq ans passés à la tête du Stade Toulousain, il prend de nouvelles responsabilités et entend sortir le rugby de la crise dans le meilleur état possible. Entretien.

René Bouscatel, pourquoi vous être présenté à la présidence de la Ligue nationale de rugby ? C’était une façon de rester actif dans le monde du rugby après votre vraie-fausse accession à la présidence du club de Béziers ?
Non, ça n’a rien à voir. L’AS Béziers a été une opportunité après qu’un actionnaire (Louis-Pierre Angelotti, NDLR), qui a finalement jeté l’éponge après l’épisode des Emirati, m’avait sollicité pour prendre la présidence et apporter mon expérience.
J’étais déjà au comité directeur de la LNR et j’ai considéré, au vu des différents programmes, que j’avais quelque chose à apporter et à transmettre à la Ligue par mon vécu dans le monde du rugby, quand la question de la succession de Paul Goze s’est posée.

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La crise du Covid a montré la fragilité de l’économie du rugby, avec des clubs qui souffrent. C’est une de vos grandes missions en tant que nouveau président ?
Cette crise n’a pas apporté la démonstration d’un modèle économique fragile pour le rugby. Elle a mis au jour les difficultés que l’on pouvait avoir dans quasiment tous les secteurs économiques. Le rugby est en difficulté, comme beaucoup d’autres secteurs d’activité, notamment dans la culture et le sport, et ce dans le monde entier.
Il faut passer cette crise et rebondir le plus vite possible. Il ne faudra laisser aucun club en difficulté car certains sont en danger, c’est une réalité. Tant que l’on ne peut pas recevoir de spectateurs, les clubs sont fragilisés car l’économie du rugby dépend énormément des recettes de matchs. Le rugby devra sortir le moins abimé possible de cette crise. À nous de préparer aussi la suite pour attirer un nouveau public et, donc, générer de nouvelles recettes.

Justement, peut-on envisager un retour du public dans les stades avant la fin de la saison pour limiter la casse ?
Tout cela dépend de l’évolution de la pandémie. Des dates de déconfinement et des calendriers de réouverture de certains lieux ont été annoncés. Si c’est le cas, on peut espérer un retour du public, peut-être avec une jauge, ce que tous les clubs souhaitent. Mais cela ne dépend pas de nous.

Vous avez été président du Stade Toulousain pendant vingt-cinq ans. Faut-il privilégier un modèle économique pour les clubs ?
Je ne crois pas. Chaque club a son histoire, sa culture, sa structure économique. Il faut respecter tous les clubs et chaque club dans son originalité. Il ne peut pas y avoir de modèle unique. Il y a une différence évidente entre un club situé dans une grande ville étudiante et un club dans une ville moyenne. Il faut savoir en discerner les désavantages comme les avantages.

Canal+ a remporté début mars l’appel d’offre pour la diffusion des matchs de Top 14 à hauteur de 113,6 millions d’euros par an pour quatre saisons à partir de 2023. C’est une bonne nouvelle j’imagine ?
C’est surtout une sécurité. Le football n’a toujours pas trouvé son diffuseur par exemple. La prudence de mes prédécesseurs a permis que la question soit réglée en avance, avec une augmentation de 17 % par rapport à l’accord précédent. Nous sommes à l’abri pour six ans, avec la sécurité et la visibilité pour les clubs.

Vous vous êtes prononcé pour le maintien d’un Top 14 et pas un passage à un Top 12. Pour quelle raison ?
Cela va dans le sens de l’intérêt général du rugby, avec des groupes élargis et l’éclosion de nombreux joueurs grâce à la formation des clubs. Certains clubs qui fournissent beaucoup d’internationaux à l’équipe de France peuvent le regretter pendant les périodes de doublons. C’était ma position lorsque j’étais président du Stade Toulousain. Mais, à mon sens, le Top 14, bien qu’imparfait, a trouvé son rythme de croisière.
Propos recueillis par Paul Périé
Photo : Rémy Gabalda - ToulÉco

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Source : https://www.touleco.fr/Rene-Bouscatel-Chaque-club-a-son-histoire-sa-culture-et-son,30966