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Publié le dimanche 19 janvier 2020 à 18h30min par Audrey Sommazi

Spatial. Depuis Toulouse, Thales Alenia Space se réorganise pour s’adapter aux marchés

Répondre à tous les besoins de ses clients dans un marché de plus en plus compétitif… C’est l’objectif de Thales Alenia Space, dont l’activité avait été plombée en 2019 par des suppressions de poste.

Serait-ce la sortie d’un long trou d’air dans la thermosphère ? Celui d’un nouveau souffle pour Thales Alenia Space (TAS) détenu à 67 % par le français Thales et à 33 % par l’italien Leonardo ? En 2019, pour faire face à un sureffectif conjoncturel lié à une baisse de commandes de satellites, le groupe avait mis en place un plan de gestion active de l’emploi soldé par la suppression de 452 postes répartie sur les sites de Toulouse et de Cannes.

« TAS va beaucoup mieux. Nous avons terminé l’année avec un certain nombre de succès », rassure Denis Allard, le directeur de l’antenne toulousaine. Dix-neuf satellites ont été lancés, dont quatorze dans le domaine des constellations, trois dans celui des télécommunications et deux dans l’observation. Contre dix en 2018 et sept en 2017.

Toujours en 2019, TAS a signé les commandes de quatre satellites géostationnaires de télécoms. S’y est ajouté, le 10 janvier, le contrat pour le satellite de télécoms Amazonas Nexus pour l’espagnol Hispasat. Trois de ces cinq astronefs sont à propulsion électrique avec la plateforme Spacebus Neo. Ce système, dont le maître d’oeuvre est TAS, « permet d’économiser le poids du carburant et d’augmenter la capacité d’emport de la charge utile dans laquelle s’intègre un process numérique dernière génération ( le VHTS pour very high throughput satellite) pour desservir des missions à grande échelle les marchés de l’Internet haut débit », ajoute Denis Allard. « Avec ces deux piliers, nous considérons avoir de l’avance sur nos concurrents ».

« Le marché a l’air de rebondir »

Et pour 2020 ? Le directeur, qui a pris ses fonctions en novembre dernier, reste « prudent ». « Le marché à l’air de rebondir mais son évolution reste incertaine. Sous quelle forme ? Avec quels acteurs ? », s’interroge l’ancien vice-président du programme Iridium Next.

Pour tirer son épingle du jeu, TAS s’est fixé comme priorité d’adapter son offre pour répondre aux besoins des clients du marché. Déjà, malgré la mise en place du plan de gestion active de l’emploi qui suit son cours, le groupe renforce ses équipes avec de nouveaux collaborateurs aux compétences en intelligence artificielle, en big data ou encore en logiciel. De plus, l’entreprise, qui emploie à Toulouse 2600 personnes et 400 intérimaires, travaille sur une autre plateforme -Space Inspire- pour mettre au point des satellites de petite taille, dotés de charges utiles entièrement reconfigurables.

Enfin, sur le marché des constellations, TAS assure être toujours présent et en discussion avec l’opérateur canadien Telesat qui a promis de lancer cette année un appel d’offres pour une constellation de 300 satellites de 850 kilos couvrant toute la Terre en télécoms haut débit.
Sur le secteur de l’observation, TAS mutualise son savoir-faire avec celui d’une autre entreprise. Ainsi, est née Leostella, une joint-venture détenue par TAS et la start-up américaine Spaceflight Industries, qui prévoit de produire la constellation BlackSky de soixante astronefs.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Denis Allard est directeur de TAS depuis novembre 2019. Crédits : JP Grèzes - Thales Alenia Space.

P.S. :

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