Toulouse. Jardin d’Elen se fait une beauté à base de violette

Créée en 1993 pour valoriser la violette de Toulouse, la société Jardin d’Elen vient de lancer une gamme de cosmétiques issus de cette fleur hivernale, longtemps emblème de la ville. Une innovation brevetée, développée avec le laboratoire Symbiotec.

Depuis plus de trente ans, Hélène Vié et sa société Jardin d’Elen portent les couleurs de la violette de Toulouse. Cette petite fleur hivernale, qu’elle cultive dans son jardin et dont elle commercialise 3000 plants chaque année en France et en Belgique, est au centre de toute sa stratégie. La cheffe d’entreprise a créé un vaste catalogue, de l’épicerie fine aux parfums d’ambiance, savons et linge de maison en s’appuyant sur des partenaires de proximité comme la Maison Berdoues, le confiseur Francis Miot ou la marque basque Jean-Vier. Vendus sous la marque la Maison de la Violette, du nom de sa vitrine historique installée sur une péniche face à la gare Matabiau, tous ces produits ont aussi trouvé des débouchés à l’international, jusqu’au Japon. En 2019, l’export a ainsi représenté 7% du chiffre d’affaires de l’entreprise, établi à un million d’euros.

Bien décidée à percer tous les secrets de la violette de Toulouse, Hélène Vié a commencé au début des années 2010 à s’intéresser à ses possibles vertus pour une gamme de cosmétiques. Après huit ans de recherche et développement, plusieurs séries d’analyses dans différents laboratoires pour décortiquer la plante, ses racines, sa tige, ses feuilles et sa fleur, cette passionnée a touché au but. Elle est accompagnée dans son projet de Serge Rollan, directeur scientifique du laboratoire toulousain Symbiotec, spécialisé dans la symbiotique à base de plantes.

Un brevet déposé

« Nous avons mis en évidence une molécule intéressante dans le feuillage, à une période précise de l’année, juste après la floraison hivernale. Serge Rollan a préparé un milieu naturel, une symbiose, pour extraire de façon douce et sans aucun solvant ce principe actif que nous avons breveté sous le nom Symbiolette. Cet actif aux vertus anti-âge est livré sous forme liquide à un laboratoire cosmétique du Tarn, qui l’associe à d’autres actifs d’origine bio pour élaborer nos recettes de beauté », explique Hélène Vié.

Lancée en octobre dernier sous la marque Jardin Confidentiel, cette première gamme de cosmétiques à l’extrait naturel de violettes cultivées à Toulouse compte trois soins visage et deux pour le corps. Et joue la carte du local jusque dans les tubes de crème fabriqués dans le Gers, à partir de fibres de canne à sucre.

« La violette est unique et précieuse mais elle reste confidentielle car elle est peu cultivée et a gardé un côté un peu désuet. Depuis des années, je travaille à rétablir son image, à lui redonner un peu de lustre. Le développement de cette marque aura été ma plus grosse bataille, le plus gros défi de ma vie de cheffe d’entreprise. J’ai appris beaucoup, acquis de nombreuses connaissances. C’est aussi ma plus grande prise de risque. » Hélène Vié aura consacré au total quelque 100.000 euros pour lancer cette nouvelle marque avec le soutien à hauteur de 40% de l’agence Ad’Occ.
Johanna Decorse

Sur la photo : Lancée en octobre, la marque Jardin Confidentiel, à base d’extrait de violettes cultivées à Toulouse, fait l’objet d’un brevet déposé par Hélène Vié et le scientifique Serge Rollan. Crédit : Valentine Chapuis - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Jardin-d-Elen-se-refait-une-beaute-a-base-de-violette,30110