À Rodez, les syndicats de la Bosch tirent la sonnette d’alarme

Un an après avoir signé l’accord de transition qui actait la suppression de 750 personnes à l’usine Bosch de Rodez tout en ouvrant la page de l’hydrogène, deux syndicats montent au créneau pour signifier leur inquiétude.

Il y a un peu plus d’un an, le 9 novembre exactement, la CGT, Sud, la CFE-CGC et la CFTC de l’usine Bosch d’Onet-le-Château, près de Rodez, signaient l’accord de transition entérinant la suppression de 750 emplois sur 1250, à l’horizon 2028, ainsi que l’arrêt de la fabrication des injecteurs en janvier 2023.

L’entreprise surnommée la Bosch, qui en 2003 faisait vivre 2300 personnes, intérimaires compris, pour arroser le marché allemand de ses injecteurs, ouvrait une nouvelle page de son histoire : les premiers essais sur route de FresH2, le transport réfrigéré alimenté par un système de pile à combustible à hydrogène, avaient été effectués dans les conditions réelles. Et les premiers résultats, en septembre 2021, s’avéraient même concluants pour Bosch Rodez, qui pilotait ce projet depuis 2019 dans le cadre de la diversification du site, jusque-là tourné vers la fabrication de pièces pour moteur diesel. En avril, un concept de série avait été développé.

Mais, un an plus tard, Sud et la CFE-CGC tirent la sonnette d’alarme. « Nous avons eu une réunion il y a deux mois avec la direction France qui nous a annoncé le report des investissements de deux ans dans le projet FresH2  », rapporte Jérôme Pouget, délégué syndical Sud. « Nous craignons que la direction ne tienne pas ses engagements en matière d’emploi. » Car, dans cet accord, il était prévu que 130 emplois soient mobilisés sur FresH2 en 2025, puis 250 en 2028.

Demande de réunion du comité de suivi

« Nous sommes inquiets. On a peur que la direction nous mène en bateau. Nous avons tellement été déçus par le passé que nous sommes désormais méfiants », déplore Jérôme Pouget. « Nous demandons alors un engagement de Bosch envers un nouveau client et un nouveau produit. »

Carole Delga, la présidente socialiste de la Région Occitanie, et Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique, social et environnemental régional d’Occitanie (Ceser) se sont fait les relais de l’inquiétude des salariés. Dans un courrier du 23 novembre, ils ont sollicité une réunion de travail du comité de suivi Bosch à Bercy courant janvier 2023. « Il nous apparaît nécessaire aujourd’hui de programmer une réunion du comité de suivi Bosch au regard des difficultés de l’entreprise pour mettre en œuvre le plan d’investissement de la filière hydrogène contenu dans l’accord signé avec les syndicats », peut-on lire dans le courrier. 

De son côté, la direction de Bosch assure « être confiante » et « est fidèle à ses engagements pris ». « On poursuit le développement. Rodez est au cœur du développement du projet », affirme le groupe. « Mais pour faire face aux aléas du secteur automobile, à la guerre en Ukraine et ses conséquences, et au marché de l’hydrogène qui se construit, on a ajusté le projet. FresH2 est maintenu avec une enveloppe budgétaire étalée sur deux ans », admet Bosch.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le site de l’entreprise Bosch à Onet-le-Château, à côté de Rodez (Archive). Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/A-Rodez-les-syndicats-de-la-Bosch-tirent-la-sonnette-d-alarme,36298