À Toulouse, le Meett inauguré sans les flonflons

La fête promettait d’être plus belle… Crise sanitaire oblige, la Foire Internationale de Toulouse, qui devait donner ce week-end le coup d’envoi à l’exploitation du Meett, est annulée. Mais le nouvel équipement est, lui, bel et bien livré et inauguré.

Lancé il y a treize ans, le Meett a nécessité quatre ans de travaux et un investissement de 311 millions d’euros, cofinancé par les collectivités (Toulouse Métropole, la Région Occitanie, le Conseil départemental 31 et Tisséo Collectivités). Il couvre une enceinte de vingt-cinq hectares, comprend un hall d’exposition de 40.000 m2, un centre de convention de 15.000 m2, un parking silo de 3000 places, un parking d’ombrières photovoltaïques de trois hectares et une aire d’exposition extérieure de 26.000 m2. Des atouts qui hissent Toulouse au troisième rang des équipements de province en capacité d’accueil, après Lyon et Nice.

« La présence d’un centre de convention est une particularité forte du Meett », indique Anne Fraisse, la directrice adjointe d’Europolia, maître d’ouvrage public pour le compte des collectivités. « Nous disposons ainsi d’un espace complémentaire qui pourra accueillir jusqu’à 10.000 personnes. Grâce à cela, nous espérons attirer des congrès d’envergure internationale. »

20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel attendus

« Le Meett, un outil d’avenir », c’est ainsi que les élus financeurs qualifient le nouveau parc des expositions de Toulouse, du moins dès que la crise sanitaire sera derrière nous. « En vitesse de croisière, un équipement comme celui-ci doit générer un chiffre d’affaires annuel de 20 millions d’euros. C’est presque deux fois plus que l’ancien parc du Ramier, qui générait en moyenne 11 millions d’euros par an », évalue Patrice Vassal, le directeur général de GL Events, qui dispose d’une délégation de service public (DSP) pour exploiter le site jusqu’en 2032.

Pour l’heure, le manque de visibilité est cependant total. « Le calendrier est blanc, car la vingtaine de salons programmés jusqu’à la fin de l’année, qui dépassaient tous la fameuse jauge des 1000 personnes, sont a priori annulés », a indiqué Patrice Vassal. Dans ce contexte, la collectivité s’est engagée à ne pas encaisser la redevance annuelle de 1,1 million d’euros auprès de l’exploitant, « jusqu’à retour à meilleure fortune » selon la formule juridique. « Il y a fort à parier que 2021 sera encore une année difficile, mais c’est là tout l’avantage d’une DSP, basée sur un temps long et qui permet d’envisager un retour à l’équilibre à terme », estime Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole.

Une architecture modulaire

L’agence OMA, maître d’œuvre et mandataire, a conçu le Meett avec le soutien de Puig-Pujol et Associés Architectures, de Taillandier Architectes Associés et du bureau d’études Ingerop. « Nous avons volontairement choisi des matériaux bruts, le béton, le métal mais aussi le polycarbonate et de la résine pour des façades qui laissent passer la lumière. Les superficies étaient telles que nous devions absolument être judicieux, efficaces et économes », décrit Gilles Guyot, l’architecte chef de projet pour l’agence OMA. Le hall du parc des expositions est en effet modulable en sept halls distincts, de même que le centre de convention utilisable sous de multiples configurations.

Une sobriété architecturale efficace puisque les coûts de construction annoncés sont bas, « 1050 € HT/m2 pour le hall d’exposition et 1600 € HT/m2 pour le centre de convention », selon Gilles Guyot.
Effet collatéral de la crise sanitaire, la zone économique annoncée autour du Meett sera elle aussi décalée. Un complexe hôtelier de 289 chambres, destiné à une clientèle affaire, avait notamment été attribué en 2018 à l’enseigne Hilton et au promoteur Kaufman & Broad. Mais l’opérateur a d’ores et déjà indiqué son souhait de décaler les travaux au moins jusqu’à mars 2021.
Béatrice Girard

Sur les photos : Privé de Foire internationale, mais inauguré. Le Meett devrait générer à l’avenir un chiffre d’affaires annuel de 20 millions d’euros selon l’exploitant GL Events. Les personnalités locales lors de l’inauguration, avec, de gauche à droite : Anne Fraisse, directrice adjointe d’Europolia, Maryse Vezat-Baroniat, vice-présidente du Conseil Départemental de Haute-Garonne, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole et Gilles Guyot, architecte de l’agence OMA. Crédits : Rémy Gabalda - TouÉco

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Source : https://www.touleco.fr/A-Toulouse-le-MEETT-inaugure-sans-les-flonflons,29522