Aérien. L’aéroport Toulouse-Blagnac tente de résister face à la chute du trafic

Report de certains investissements, réduction des charges d’exploitation, instauration du chômage partiel et renoncement au versement des dividendes : l’aéroport Toulouse-Blagnac est en ordre de marche pour résister à la baisse notable de son activité. Mais jusqu’à quand ?

Les aéroports sont les grands oubliés des plans de relance gouvernementaux (aéronautique et tourisme). C’est ce que dénonce Philippe Crébassa, le président du directoire de l’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) : « Je fais le constat aujourd’hui qu’il n’y pas de mesures spéciales pour soutenir les aéroports, même si l’Etat couvre 60 % du déficit sur des missions régaliennes de sureté et de sécurité ( contrôle bagage et passager, par exemple) par des avances remboursables ».

En croissance soutenue les deux dernières années, ATB frôlait 10 millions de passagers et comptait sur un résultat identique en 2020. Or, la sixième plateforme de France vit ses jours les plus sombres. Avec la pandémie qui a cloué au sol les avions, le trafic s’est s’effondré brutalement, en avril et mai à Blagnac, comme dans le reste du monde. L’été a réservé de « bonnes surprises » en raison des liaisons aériennes dites affinitaires. Un rebond de 30 % très vite oublié, néanmoins, car de courte durée. « En septembre, le trafic n’est pas au rendez-vous par rapport à ce que nous espérions. Nous attendons 30 % du trafic. Et pour la fin de l’année, on ne s’attend pas à ce que les conditions de circulation évoluent. On restera sur cette tendance », déplore le président du directoire.

Mise en place de dispositifs

Pour faire face à cette baisse d’activité et de revenus, ATB, qui « perd de l’argent tous les jours », a actionné un plan d’économies : le report de certains investissements, la réduction des charges d’exploitation, en fermant des halls, et l’instauration du chômage partiel pour ses salariés dès le mois d’avril. Cette mesure devrait être renouvelée. Pour autant, Philippe Crébassa écarte la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi. « Ce n’est pas à l’ordre du jour. On fait partie de ceux qui restent optimiste. Nous pensons que cette crise sanitaire restera temporaire », affirme le président de l’aéroport, qui emploie 310 personnes.

Enfin, de leur côté, les actionnaires, avec en tête Eiffage, et les collectivités locales (CCI de Toulouse, Région, Toulouse Métropole et Conseil départemental) ont décidé de ne pas se verser de dividendes au titre des bénéfices de l’année 2019.
Audrey Sommazi

Sur la photo, l’aéroport de Toulouse-Blagnac fait face à une chute inédite du trafic. Crédit : Valentine Chapuis - ToulÉco

PS. :

Depuis le 30 décembre 2019, le groupe de BTP et de concessions Eiffage est le premier actionnaire de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Il a racheté 49,9 % des parts que détenait le groupe chinois Casil pour un montant de 500 millions d’euros. Quatre ans plus tôt, Casil avait déboursé 308 millions d’euros pour acquérir ces parts auprès de l’État, lors de la privatisation de l’aéroport.
La CCI de Toulouse (25 %), la Région Occitanie (5 %), Toulouse Métropole (5 %), le Conseil départemental (5 %) et l’État (10,01 %) sont les actionnaires minoritaires.

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Source : https://www.touleco.fr/Aerien-L-aeroport-Toulouse-Blagnac-tente-de-resister-face-a-la,29538