Airbus. Les syndicats de l’avionneur signent le plan social

Après plusieurs mois de négociations, les syndicats d’Airbus ont signé lundi 12 octobre le plan de sauvegarde de l’emploi et un accord sur l’activité partielle de longue durée. Selon eux, l’objectif de « zéro licenciement sec » sur les 4248 suppressions de postes annoncées devrait être atteint.

Prévues la semaine dernière, les signatures de l’accord majoritaire sur le plan de sauvegarde de l’emploi et de l’accord sur l’activité partielle de longue durée (APLD) ont finalement eu lieu lundi 12 octobre. Après une dernière réunion de relecture dans la matinée, les organisations syndicales d’Airbus ont validé les deux textes, dont la mise en œuvre interviendra au 1er janvier 2021.
Pour Force ouvrière, syndicat majoritaire, qui refusait jusqu’à présent de signer l’accord APLD, préalable à l’accord majoritaire sur le PSE, la poursuite des négociations « en bilatéral » avec la direction, a porté ses fruits.

« Nous sommes arrivés au meilleur compromis possible », estime Jean-François Knepper, délégué syndical central FO. « La direction est restée sur son objectif d’imposer une rémunération de 84 % du salaire net mais nous avons obtenu l’engagement de parvenir, avant la fin de l’année, à la mise en place d’un complément de rémunération. Il s’agit de compenser la perte de salaire pour les salariés en APLD et de ramener le taux à celui qui est appliqué aujourd’hui, de 92% », précise le syndicaliste.

Ce « rattrapage » de rémunération sera financé selon Force ouvrière par une « mesure de solidarité » appliquée à l’ensemble des salariés d’Airbus en France. Autres avancées par rapport à la version initiale du texte sur l’APLD : le maintien des avantages acquis pour les salariés managers de production, l’embauche des élèves des lycées Airbus de Toulouse et Méaulte et des apprentis de Méaulte et Saint-Nazaire ou encore la semaine chômée pour tous entre Noël et le premier de l’an.

Mesures complémentaires

Sur le volet du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) portant sur la suppression de 4248 postes en France sur le périmètre d’Airbus Avions, dont 3400 à Toulouse, les syndicats défendent « les avancées négociées ». L’allongement de la période de volontariat jusqu’au 31 mars contre fin décembre initialement, va laisser plus de temps aux gens pour quitter volontairement l’entreprise, souligne Florent Veletchy, secrétaire général CFTC. D’après les chiffres de la direction d’Airbus, qui ne sont pour le moment que des estimations, un millier de salariés se seraient manifestés pour un départ en retraite anticipée, entre 300 et 400 pour une retraite aidée.

Le recours à l’APLD permettrait de sauver 1500 postes et les aides du Corac, destinées à la recherche aéronautique, 500 autres dans le périmètre du bureau d’études. « Si on ajoute d’autres dispositifs prévus dans le plan social pour accompagner les salariés qui souhaitent quitter l’entreprise, la mobilité interne, la création d’entreprise, les congés pour convenance personnelle, on se rapproche de notre objectif de zéro licenciement sec », précise Florent Veletchy. La CFE-CFC estime également qu’avec les deux accords, « Airbus est en bonne voie pour qu’il n’y ait aucun départ contraint ».

La CGT refuse de signer

Contrairement à ce qu’avait laissé entendre à plusieurs reprises Guillaume Faury, le président d’Airbus, pour Force ouvrière aussi, l’objectif sera atteint. Dans le cadre de l’accord majoritaire, deux rendez-vous vont être programmés pour faire le point sur les départs volontaires : un premier fin décembre début janvier et un autre, fin février début mars. « Si les postes supprimés n’étaient toujours pas compensés par des départs volontaires, une nouvelle réunion sera convoquée pour envisager des mesures d’économies complémentaires et parvenir à zéro licenciement sec. Nous avons l’engagement de la direction », a précisé Jean-François Knepper, délégué syndical central FO. De son côté, la CGT s’est refusée « à cautionner un plan qui contient des mesures de licenciement sec » et un accord sur l’APLD qui selon elle « ne permet pas de protéger tous les salariés ».
Johanna Decorse

Sur la photo : Airbus a obtenu lundi 11 octobre la signature des principaux syndicats sur son plan de sauvegarde de l’emploi. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Airbus-Les-syndicats-de-l-avionneur-signent-le-plan-social,29659