Réélue à la tête de l’Occitanie, Carole Delga offensive face aux multiples crises

Réunie au Parc des expositions de Montpellier, la nouvelle assemblée régionale d’Occitanie a très logiquement désignée Carole Delga présidente de Région. Se disant consciente de la crise démocratique relevée par l’abstention historiquement forte, la socialiste s’est montrée combative lors de son discours face aux élus.

Carole Delga est redevenue officiellement présidente de la Région Occitanie ce vendredi 2 juillet, après un vote évidemment sans surprise des nouveaux élus régionaux. Les 109 élus de sa liste l’Occitanie en commun ont voté pour elle, les 28 représentants du RN lui ont préféré Jean-Paul Garraud, seul candidat lui faisant face. Les 21 élus de la liste de droite du LR Aurélien Pradié ont logiquement choisi de voter blanc. Souriante et un peu émue, la présidente socialiste réélue s’est ensuite adressée à l’assemblée régionale réunie au Parc des expositions de Montpellier.

Après s’être brièvement félicitée de son score de 57,77% qui témoigne selon elle « d’un vrai lien de confiance avec les habitants et avec les acteurs de la société », elle a repris la même tonalité grave que lors de son discours de victoire du dimanche 27 juin : « Je sais le moment difficile que traverse notre pays. Les crises sanitaires, économiques, sociales, écologiques et démocratiques divisent profondément les Français et entament leur confiance. En témoigne l’abstention qui, comme lors de tous les scrutins, a largement dépassé les 50% . [...] Je ne fais pas partie de ces femmes et de ces hommes politiques qui s’en prennent aux électeurs parce qu’ils n’ont pas été voter. Je sais que l’abstention est protéiforme, je sais que le changement des seules modalités de vote, demain, ne garantirait en rien un regain pour la chose publique. C’est à la pratique politique de changer », affirme-t-elle.

Des paroles qui font écho à celles de son adversaire Jean-Paul Garraud qui, en début de séance, a estimé que « l’abstention, ce signe de défiance » devrait « tous nous interpeller, au-delà de nos étiquettes politiques ». La présidente de Région s’est peut-être adressée à lui et à l’extrême droite lorsqu’elle a déclaré : « Nous sommes nombreux dans cette assemblée à considérer que cette situation est potentiellement dangereuse. Mais nous savons aussi, l’Histoire le démontre, que la haine, la peur de l’autre, et la violence dans le débat politique n’augurent rien de bon, ni à court, ni à long terme. »

« Agir sur tous les fronts »

Face à ces dangers, Carole Delga estime que « son programme clair », fondé sur les valeurs « de progrès, de justice sociale, d’écologie, et d’innovation », est « un solide appui ». Et d’énumérer les nombreuses actions qu’elle souhaite poursuivre ou commencer à mettre en œuvre dans le mandat qui démarre : « la gratuité de manuels scolaires », « l’ordinateur pour chaque lycéen »,« la gratuité des transports scolaires », les « 75% de bio dans les cantines scolaires », « la formation aux métiers verts de demain, avec le revenu écologique jeunes », « l’accélération des projets des trains à grande vitesse » ; ou encore « l’accompagnement des nouvelles filières comme l’éco-construction, l’hydrogène, l’éolien marin ou les transports du futur ». Enfin, la socialiste s’est réjouie de se mettre au travail « avec une majorité stable, cohérente, déterminée » pour « agir sur tous les fronts ».
Matthias Hardoy

Sur la photo : La socialiste Carole Delga a été officiellement réélue vendredi 2 juillet présidente de la Région Occitanie pour un deuxième mandat. Crédits : Région Occitanie.

Nouvelle Assemblée : qui fait quoi ?

Il y a quelques changements dans les vice-présidences. C’est Jalil Benabdillah qui sera en première ligne sur les sujets économiques puisqu’il est nommé vice-président en charge de l’Économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation. Nadia Pellefigue, qui était au chevet des entrepreneurs lors du précédent mandat, voit son attribution modifiée. Elle sera en charge de l’Enseignement supérieur, de la recherche, de l’Europe et des relations internationales.
Stéphane Bérard est désigné rapporteur du Budget, à la prospective et à l’évaluation.

Les autres vice-présidents :
> Didier Codorniou, en charge de la Méditerranée
> Agnès Langevine, en charge du Climat, du pacte vert et de l’habitat durable
> Kamel Chibli, en charge de l’Éducation, de l’orientation, de la jeunesse et des sports
> Claire Fita, en charge de la Culture pour tous, du patrimoine et des langues régionales
> Jean-Luc Gibelin, en charge des Mobilités pour tous et des infrastructures de transports
> Florence Brutus, en charge de l’Aménagement et de la cohésion des territoires et de la ruralité
> Maria-Alice Pele, en charge de la Politique de la ville
> Vincent Labarthe, en charge de l’Agriculture et de l’enseignement agricole
> Muriel Abadie, en charge du Tourisme durable, des loisirs et du thermalisme
> Vincent Bounes, en charge de la Santé
> Jean-Louis Cazaubon, en charge de la Souveraineté alimentaire, de la viticulture et de la montagne
> Marie Castro, en charge de la Formation professionnelle
> Marie Pique, en charge des Solidarités, des services publics et de la vie associative.

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Source : https://www.touleco.fr/Carole-Delga-Une-nouveau-mandat-offensif-face-aux-multiples,31604