Événementiel. En 2022, c’est toujours « le grand flou » pour les PME toulousaines

Nathalie Faidherbe, gérante de C&N Traiteur et Jean-Pierre Navarri, dirigeant de l’entreprise événementielle Imagin’Expo, témoignent des difficultés importantes de leur secteur au moment où la crise sanitaire regagne fortement en intensité.

En pleine quatrième vague du coronavirus, dans le monde de l’événementiel, on nage dans le brouillard. Nathalie Faidherbe, dirigeante de C&N Traiteur, basé à Aucamville, déplore le « manque de communication des autorités ». « Nous avons compris que nous allions pouvoir obtenir le chômage partiel pour nos salariés pour le mois de janvier. Nous venons de faire les demandes. Et les aides que nous recevrons éventuellement devraient être calculées par rapport à notre excédent brut d’exploitation (EBE) [1] comparé à celui de 2019. Pour le reste, c’est le grand flou ! », explique Nathalie Faidherbe.

Au système complexe qui semble se profiler et « nécessite l’appui d’un expert-comptable », la cheffe d’entreprise préférerait un soutien « qui se base sur le chiffre d’affaires comme avec le fonds de solidarité national ». « Nous attendons une main tendue, un échéancier pour des aides plus lisibles, plus simples », résume la dirigeante, qui rappelle que son secteur « n’est pas confronté à un ralentissement mais à un quasi-arrêt d’activité vu que les événements ne sont plus encouragés par l’État ». Comme beaucoup de chefs d’entreprise, elle subit un autre problème qui aggrave la situation : « la multiplication des salariés cas contacts ou malades, qui complique la réalisation du peu de commandes qui nous restent ».

« Il manque actuellement un cap »

Jean-Pierre Navarri, dirigeant de l’entreprise événementielle Imagin’Expo, située à Saint-Orens-de-Gameville près de Toulouse, compare la situation de son entreprise à celle d’un bateau à nouveau « en pleine tempête ». « Nous avions un bon prévisionnel sur le premier semestre 2022. Avec les annonces gouvernementales de la fin d’année, cela a commencé à se vider, à s’annuler », décrit le chef d’entreprise. Celui-ci, qui file sa métaphore maritime, estime qu’il « manque actuellement un cap ». « C’est très compliqué de nous demander de tout réactiver puis, peu après, de tout fermer. C’est comme pour une centrale nucléaire, il faudrait un protocole d’arrêt », considère l’entrepreneur haut-garonnais. S’il salue les mesures prises lors des précédentes vagues (chômage partiel, PGE, etc.), il affirme, comme Nathalie Faidherbe, qu’il faut désormais des aides « plus adaptées aux spécificités de l’évènementiel », qui tiennent compte par exemple de « l’engagement financier et humain des chefs d’entreprises » à la barre alors que le vent était particulièrement mauvais.

Et même si la crise se dissipait le printemps venu, il faudrait aussi les accompagner dans de nouvelles difficultés (embouteillages d’événements à réorganiser et main-d’œuvre à retrouver par exemple). Malgré tout, les deux dirigeants de l’événementiel haut-garonnais veulent « garder espoir », se « projeter sur le printemps et le deuxième semestre ». Mais la patronne de C&N Traiteur n’exclut pas « de répartir au combat pour mieux se faire entendre, si nécessaire ».
Matthias Hardoy

Sur la photo : Les traiteurs et l’evenementiel toujours dans le flou face à la crise du Covid qui se prolonge. Crédits : Valentine Chapuis - ToulÉco.

Notes

[1L’excédent brut d’exploitation (EBE) exprime la capacité d’une entreprise à générer des ressources de trésorerie du seul fait de son exploitation, c’est-à-dire sans tenir compte de sa politique de financement, ni de sa politique d’amortissement, ni des événements exceptionnels

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Source : https://www.touleco.fr/Evenementiel-En-2022-c-est-toujours-le-grand-flou-pour-les,32834