Jean-François Revel : « Il faut rechercher la performance industrielle, mais pas à n’importe quel prix »

SCLE-SFE est une entreprise toulousaine, filiale d’Engie, spécialisée dans les réseaux électriques et dans la signalisation ferroviaire. Jean-François Revel, son gérant, aborde le management de l’entreprise et les changements d’organisation à venir.

Jean-François Revel, présentez-nous la SCLE-SFE ?
Nous sommes une entreprise toulousaine qui a franchi les 50 ans d’existence et qui, au fil des ans, a muté dans son activité. D’une orientation chantier vers des activités technologiques. Aujourd’hui, nous travaillons dans le domaine des hautes technologies informatiques et électroniques au service des marchés du transport et de la distribution de l’électricité et celui de la signalisation ferroviaire. Nous concevons et fabriquons des calculateurs et des automatismes qui permettent de gérer le fonctionnement des réseaux électriques et des réseaux de transports ferroviaires. L’entreprise à 300 collaborateurs dont 240 sur Toulouse, 60 sur Marseille.

Comment la société est devenue une filiale d’Engie ? Quelle est votre situation actuelle au sien du groupe industriel ?
Nous avons été indépendants jusque dans les années 1980 lorsque Grands Travaux Marseille Herlicq (GTMH) est rentré au capital de la société. Dans les années 2000, au moment où le président-fondateur de SCLE-SFE est partie en retraite, l’entreprise a été vendue en intégralité à GTMH qui a ensuite été regroupé avec d’autres structures sous l’enseigne Ineo. Celle-ci, qui est toujours notre maison mère, faisait partie du groupe Suez. Puis Suez et Gaz de France ont fusionné pour former Engie.
Aujourd’hui, Engie a une nouvelle stratégie qui consiste à se centrer sur les énergies renouvelables. Et donc à se désengager de toutes les activités de service qui ne sont pas directement liées à la fourniture d’énergie. Ce qui est notre cas. La moitié de l’effectif des collaborateurs d’Engie va être détaché du groupe pour constituer une nouvelle entreprise qui sera vendue sur le marché dans les mois qui viennent.

Vous avez reçu récemment un Global Award remis par l’European foundation for quality management (EFQM). Que récompense exactement cette fondation ?
L’EFQM est une fondation européenne qui a été impulsée par Jacques Delors. Le but était de regrouper des chefs d’entreprise européens pour mettre à plat les bonnes pratiques managériales. Cela a contribué à l’écriture d’un modèle pour déployer une organisation plus structurée, lisible, dont se sont inspirées beaucoup d’entreprises comme Phillips, Bosch et BMW.
Nous fonctionnons par exemple par petites équipes de dix à quinze personne, avec chaque fois un manager qui est plus un facilitateur qu’un chef. Notre organisation est assez peu hiérarchisée.

L’EFQM prend-elle en compte les questions de RSE ?
Oui. L’EFQM nous demande de nous intéresser aux grands enjeux de l’Humanité classifiés par l’ONU. Il faut chercher la performance, mais pas à n’importe quel prix, pas au dépens de parties prenantes ou de la planète. Notre entreprise est par exemple en cours de labellisation Fabriquer en France. On privilégie les partenaires français puis européens. On ne sort des frontières européennes que lorsque nous sommes obligés, comme parfois avec l’achat de certains composants électroniques.
Propos recueillis par Matthias Hardoy

Sur la photo : Jean-François Revel, gérant de SCLE-SFE. Crédits : Hélène Ressayres- ToulÉco.

P.S. :

La SCLE-SFE revendique un chiffre d’affaires de 50,9 millions d’euros.

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Source : https://www.touleco.fr/Jean-Francois-Revel-SLCE-SFE-Il-faut-chercher-la-performance,31340