L’interview off de : Amandine Marshall

Égyptologue, chercheur associé à la Mission archéologique française de Thèbes ouest depuis 2005, Amandine Marshall fait référence pour ses travaux sur les enfants dans l’Égypte ancienne. L’historienne toulousaine vient d’ailleurs d’intégrer l’équipe scientifique chargée d’étudier la momie enceinte découverte il y a quelques mois au Musée national de Varsovie.

Attachée au partage du savoir, Amandine Marshall a signé plusieurs livres jeunesse et lancé deux chaînes d’égyptologie sur internet qu’elle présente et documente, ToutankaTube et NefertiTube, dédiée au jeune public. Cette année, elle prépare deux ouvrages d’initiation à la lecture des hiéroglyphes et une bande dessinée historique consacrée à Howard Carter qui découvrit en 1922 la tombe de Toutânkhamon.

Quelle est la première chose que vous faites en vous levant ?
J’allume mon ordinateur qui est long à démarrer, je déjeune tranquillement et je me mets au travail.

Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
Des livres, sans doute des polars historiques de mon amie Delphine Montariol. C’est une plume, une Agatha Christie moderne dont les intrigues se situent à l’époque victorienne.

À quelle époque auriez-vous aimé vivre ?
Dans l’Antiquité égyptienne, durant le Nouvel Empire, sous les règnes des Thoutmôsis ou des Ramsès. J’aimerais savoir plus précisément comment les gens vivaient et la question de la spiritualité dans la société égyptienne m’intéresse beaucoup.

Un goût, une odeur qui vous ramène à votre enfance ?
Le goût du nougat. Il me rappelle mon arrière-grand-mère que j’adorais et qui en avait toujours dans ses poches pour mon petit frère et moi.

Un objet, un gri-gri qui vous accompagne partout ?
Un porte-clé avec la jolie frimousse de mes deux nièces.

Votre chiffre préféré ?
Aucun en particulier même si, depuis l’enfance, les chiffres pairs ont toujours eu ma préférence.

Qu’est-ce qui vous a mis mal à l’aise dernièrement ?
De lire sur LinkedIn le témoignage d’un journaliste au sujet de sa petite nièce, d’origine russe, battue dans la cour de récréation par cinq garçons qui lui avaient demandé si elle était pour Poutine. Cela m’a abasourdie, choquée et mise en colère : il n’y a pas assez de drames pour qu’en France, la guerre s’invite sur les bancs des écoles primaires !

La découverte que vous attendez sur la civilisation égyptienne ?
Pas de découverte spécialement mais l’identification de tombes, encore non localisées, de rois et de reines dans la montagne thébaine serait une belle surprise.

Quel métier n’auriez-vous jamais pu exercer ?
Trader. Beaucoup de gens sont conditionnés par l’argent. J’ai eu la chance de recevoir de mes parents le goût d’apprendre pour soi-même et de transmettre aux autres.

Qu’y-a-t-il de gauche en vous ?
Les valeurs humanistes qui placent l’Homme au centre des choses et non l’argent, une préoccupation pour les plus faibles, les invisibles.

Et de droite ?
Je respecte les gens de droite, j’en compte dans mon entourage que j’apprécie beaucoup mais je n’adhère pas à la philosophie générale de la droite.

Et si vous étiez une divinité antique ?
Hermès sans doute. Le dieu des voyageurs est très ingénieux, il a plein d’idées et fait ce qu’il faut pour les réaliser, ce qui me ressemble assez !

Et Dieu dans tout ça ?
Je suis croyante et pratiquante mais je fais une distinction entre la religion des dieux et la religion des hommes. Par rapport à ce que peut dire l’Église sur certains sujets, je ne suis pas toujours d’accord. J’ai ma propre opinion.

La dernière chose que vous faites avant d’éteindre ?
Je lis, des romans, des polars ou des essais… De tout du moment que c’est historique et que cela me permet de m’échapper un peu de la société actuelle.

Une phrase, un mantra qui vous guide ?
L’arbre droit finit en planche, l’arbre tordu vit sa vie.
Propos recueillis par Johanna Decorse
Crédit photo : Hélène Ressayres

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Source : https://www.touleco.fr/L-interview-off-de-Amandine-Marshall,35257