« La mono-activité pourrait mettre en péril les emplois », redoutent les agents d’Air France à Toulouse

À Toulouse, les salariés d’Air France Industries sont opposés au projet de la compagnie aérienne, qui prévoit le transfert de la maintenance ​des A220 ​vers un autre centre ​de révision. En grève, ils ont voté la poursuite de leur mouvement.

C’est une érosion lente des effectifs qu’observent les salariés du centre industriel Air France, à Blagnac, spécialisé dans la maintenance des avions de la famille A320 d’Airbus. « En 2004, nous étions 575 et, aujourd’hui, nous sommes 280 », ​regrette​ Rémi Carlier, délégué syndical CGT, devant un parterre d’agents en colère. Ce jeudi 12 mai, à l’appel d’une intersyndicale CGT FO et Sud Aérien, plusieurs dizaines d’entre eux se sont rassemblé​​s sur la pelouse du conseil social et économique pour protester contre la stratégie industrielle de leur direction. Ils revendiquent que la maintenance de la nouvelle flotte d’A220, qui doit se substituer aux A320, leur revienne.

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En octobre dernier, la compagnie française a commandé soixante exemplaires pour remplacer ses A318 et A319 vieillissants. Sauf que la direction prévoit d’assurer l’entretien de​s ​​​avions​ dans ​ses autres ​centres de révision, à Paris-Charles de Gaulle. « Nous allons nous retrouver sans charge de travail », déplore Rémi Carlier.​

Grève reconduite mardi

Pour compenser cette baisse d’activité, le site toulousain devrait assurer l’entretien des avions militaires de Boeing, les Awacs, dont le premier vol date de 1972, et ceux d’Airbus, les A330 MRTT et les A330. D’ailleurs, pour accueillir les gros porteurs, Air France a injecté 12 millions d’euros dans des travaux d’agrandissement d’un hangar qui vont débuter à la fin du mois de mai. Pas de quoi rassurer les salariés, pour autant. « Nous disposions de trois lignes de production pour les A320. Avec la nouvelle configuration, nous passerons à deux lignes », s’inquiète M. Carlier. Autre problème : « Nous savons travailler sur des avions modernes. Or, avec ces avions, nous tombons dans la préhistoire. »

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Pour que leur colère soit entendue, les agents ont voté la poursuite de leur mouvement de grève mardi 17 mai. « Nous sommes en conflit et le rapport de force est notre seul moyen pour demander de vraies négociations. Nous, salariés, nous sommes légitimes à revendiquer le développement de l’activité. Car la mono-activité pourrait mettre en péril les emplois sur le site si les contrats militaires n’étaient pas renouvelés. »

Quatre jours après la publication de l’article, le groupe, qui n’avait pas répondu à notre sollicitation la semaine dernière, souhaité préciser que "toutes les entités d’Air France participent au plan de transformation de l’entreprise visant à améliorer ses résultats, dans le contexte d’une crise dont les effets persistent" et que "dans le cadre de ce plan, Air France Industries a présenté dès l’été 2020 aux personnels du site de Toulouse un schéma industriel permettant d’assurer la pérennité de l’activité et donc le maintien des emplois pour les salariés de la maintenance du site de Toulouse".

La compagnie aérienne ajoute que si "la charge de maintenance des Awacs transférée depuis le site d’Air France Industries de Paris-CDG sera complétée par la maintenance d’appareils long-courriers Airbus pour le compte d’Air France ou de compagnies clientes d’Air France Industries."
Audrey Sommazi

Sur la photo : Plusieurs dizaines de salariés d’Air France Industries se sont réunis sur le site de Blagnac, près de Toulouse, pour revendiquer la diversification et le développement de leur ctivité. Photo Rémy Gabalda - Crédits ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/La-mono-activite-pourrait-mettre-en-peril-les-emplois-redoutent,34243