Municipales. L’Insoumis François Piquemal affiche sa Capitole confiance

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Porté par une « bonne dynamique militante » et un bond notable des inscriptions sur les listes électorales, François Piquemal se dit certain d’arriver en tête lors des municipales de mars prochain. Le député LFI, qui conduit la liste Demain Toulouse, se pose en « candidat du renouveau » pour « tourner la page Moudenc ».

Le récent sondage qui place sa liste en troisième position, avec 19 % des intentions de vote, derrière le maire sortant Jean-Luc Moudenc et le socialiste François Briançon, n’entame pas le moral de François Piquemal. Sur ses réseaux, le député LFI, candidat à la mairie de Toulouse, y oppose d’autres chiffres dont les quelque 5800 inscriptions recensées en janvier sur les listes électorales. « Avec Toulouse Demain, nous avons inscrit soixante personnes par jour depuis septembre, soit près de 10.000 en six mois. Une sur-mobilisation qui va déjouer tous les pronostics les 15 et 22 mars », veut croire l’Insoumis.

« On a fait près de 20 % aux européennes de 2024, donc 19 % c’est pas si mal. Notre socle est là, on a une très bonne dynamique militante. Désormais, on ne peut que monter », confirme son colistier Thibault Pichel, ingénieur aéronautique de 32 ans, en 9e position sur la liste Demain Toulouse.

Partis très tôt en campagne, François Piquemal et son équipe ont été les premiers à dérouler leur programme avec un objectif, le faire connaître le plus largement possible, notamment en « toquant à 100.000 portes » dans Toulouse. Dès le mois de décembre, à Rangueil, quartier très étudiant, les militants LFI ont méthodiquement sonné à tous les étages des immeubles et distribué leur tract spécifique pour la jeunesse promettant la gratuité des musées et des transports pour les moins de 26 ans.

Au-delà des quartiers populaires, où LFI réalise ses meilleurs scores, la tête de liste insoumise cherche aussi à séduire les électeurs tentés par la coalition de gauche emmenée par François Briançon. Il vise en particulier ceux d’Archipel Citoyen, le parti municipaliste avec qui il a débuté sa carrière politique comme conseiller municipal d’opposition en 2020.

« Le Toulouse de 2026 »

Le 22 janvier dernier, en meeting devant une salle Mermoz bondée, François Piquemal a fait de la liste Demain Toulouse « l’héritière » à la fois du Nouveau Front populaire de 2024, d’Archipel Citoyen et du mouvement Motivés de 2001, conduit à l’époque par Salah Amokrane, aujourd’hui responsable de l’Assemblée des quartiers ralliée à la liste LFI.

« Nous sommes le Toulouse de 2026, multiculturel, antiraciste, féministe, écologiste et épris de justice sociale (…) Les seuls pour l’union de la gauche au second tour qui le disons sans ambiguïté », a-t-il lancé devant une foule conquise. Visiblement confortable en costume bleu et cravate rouge, « l’ancien étudiant » inspiré par les ex-chanteurs de Zebda, Mouss et Hakim Amokrane, devenus ses soutiens, a mesuré le chemin parcouru et gagné en confiance. « Qui aurait pu croire que le jeune professeur qui écoutait Mélenchon à la radio soit aujourd’hui avec lui sur scène ? », a souligné François Piquemal, usant de l’anaphore avant de s’en prendre à son autre rival. « Toulouse, nous voilà ! Il est l’heure d’en finir avec la vieille droite réactionnaire », a-t-il martelé en qualifiant Jean-Luc Moudenc de « maire de la vie chère » et de « super menteur sur la troisième ligne de métro ». Sans voler la vedette à son leader Jean-Luc Mélenchon, toujours très prolixe et visiblement plus intéressé par l’actualité internationale que par la course au Capitole, le candidat insoumis a déroulé en une trentaine de minutes son programme et ses mesures phares.

Brigade du logement

Elles portent sur la création de centres de santé municipaux, la hausse des salaires des Atsem et des agents de la métropole, la mise sur les rails du RER toulousain, la gratuité des fournitures scolaires et de la cantine pour les plus modestes ou sur la transformation de l’hippodrome de la Cépière en parc avec piscine, chiffrée à 80 millions d’euros… Sans oublier l’encadrement des loyers dont François Piquemal, ancien porte-parole de Droit au logement, se pose en seul garant « fiable ». L’Insoumis promet la création d’une « brigade » pour en contrôler l’application et la réquisition de logements durablement vacants « seulement ceux appartenant à des institutions, des multi-propriétaires ou des groupes », précise-t-il. Pour répondre aux besoins des 43.000 ménages en attente de logement social, il s’engage aussi à produire 24.000 nouveaux logements publics sur la durée de son mandat et à en réhabiliter entre 750 et 1000 par an.

Alors que le maire sortant Jean-Luc Moudenc fait planer la menace d’un doublement des impôts s’il venait à perdre le Capitole, la liste insoumise réfute toute hausse. « Nous orienterons les dépenses différemment », assure Thibault Pichel. « Dans une logique de bifurcation écologique, le budget routier, consacré par exemple au projet de la jonction Est, sera consacré aux pistes cyclables ou à la construction de logements. »
Johanna Decorse

Sur les photos :François Piquemal présente des colistiers lors d’une conférence de presse dans un café place du Capitole. // Le 22 janvier dernier, en meeting, devant une salle Mermoz bondée, François Piquemal a présenté la liste Demain Toulouse accompagné de Jean-Luc Mélenchon. // Le 6 février 2026 en présence du député Manuel Bompard, François Piquemal donne une conférence de presse consacrée au logement. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Municipales-L-Insoumis-Francois-Piquemal-affiche-sa-Capitole,50517