Toulouse. La société de sondages BVA fixée sur son sort ce mardi

En redressement judiciaire depuis le 5 juin, la société de sondages BVA saura ce mardi 15 septembre lequel des quatre candidats à sa reprise a eu la préférence du tribunal de commerce de Toulouse. Cadres et salariés défendent l’offre présentée par la direction actuelle.

Plus que quelques heures. Ce mardi 15 septembre, le tribunal de commerce de Toulouse désignera le repreneur de BVA parmi les quatre candidats qui se sont manifestés. En redressement judiciaire depuis le 5 juin dernier, le groupe d’études et de conseil, dont le siège est à Balma, n’a pas résisté à la crise sanitaire et à sa dette. L’institut de sondages qui affichait 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 pour un millier de salariés dans le monde, dont 500 à Toulouse, a vu son activité chuter de 40 % ces derniers mois. N’ayant pas pu obtenir de PGE (prêt garanti par l’État), BVA, né en 1970 et détenu à 51 % par le fonds d’investissement Naxicap, filiale de de Natixis, et à 49% par ses dirigeants, a dû se déclarer en cessation de paiement mi-mai.

Craintes pour l’emploi

Parmi les quatre projets examinés mercredi dernier par la juridiction toulousaine, l’offre XPage portée par la direction actuelle, a reçu l’adhésion du management, des salariés et du comité social et économique. « Pour nous, cette offre est la meilleure. Elle garantit la pérennité du groupe, le maintien des emplois et des sites. Les dirigeants actuels sont ceux qui connaissent le mieux les forces et les faiblesses du groupe, ils ont une maîtrise parfaite du marché des études et la confiance des équipes », explique Florent Mouquet, membre du CSE.

Face à XPage, l’offre du fonds de dette privé anglais Alcentra, filiale du fonds d’investissement américain BNY Mellon et principal créancier de BVA, inquiète les salariés. « L’histoire a montré que la stratégie de ce fonds n’était pas rassurante. Il est clairement dans un objectif de rentabilité », estime le CSE, qui craint aussi une délocalisation à l’étranger du siège social toulousain. Dans la balance, figurent aussi l’offre d’un entrepreneur toulousain, Christophe Ginisty, et celle de la société française Dentressangle, actionnaire majoritaire de l’institut de sondage Ifop. À Toulouse, les 120 salariés du centre d’appel de BVA redoutent déjà les économies d’échelle... La direction, elle, en appelle au « patriotisme national ». Décision ce mardi.
Johanna Decorse

Sur la photo : Les salariés de BVA ont manifesté vendredi 11 septembre à Balma leur soutien à l’offre de reprise XPage présentée par la direction actuelle. Crédit : DR

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-La-societe-de-sondages-BVA-fixee-mardi-sur-son-sort,29423