Toulouse. Popafood mitonne sa croissance avec des cuisines fantômes

L’éditeur toulousain de logiciels DocDoku se lance sur le marché des « dark kitchens », ces restaurants sans salle, ni service. Sa filiale Popafood prévoit d’ouvrir sa première implantation en novembre. Cinq cuisines, sur douze, sont déjà réservées.

« Dark kitchen », « cloud kitchen » ou encore « ghost kitchen ». Quel que soit l’anglicisme utilisé, ces différentes appellations recouvrent un seul et même concept : des cuisines fantômes vouées à la confection de petits plats. Impossible de s’y sustenter sur place, ces restaurants ne proposent que des repas livrés et à emporter. Né en 2018, ce concept s’est vu pousser des ailes avec le Covid-19.

À Toulouse, l’éditeur de logiciel DocDoku s’est positionné sur ce marché prometteur. « Nous voulions nous diversifier avant la pandémie », explique Éric Descargues, cofondateur au côté de Florent Garin. « Car nous sommes des entrepreneurs avant tout. On regardait le marché de la restauration, dont celui de la vente à emporter et de la livraison. Et le Covid a accéléré cette tendance. »

C’est ainsi qu’est née Popafood, qui s’est mise en quête d’un lieu. Le 32 bis avenue Honoré-Serres, dans le quartier des Chalets, à Toulouse, fait l’affaire. Cet ancien kebab de 380 m², donnant sur cette rue passante, est aujourd’hui en pleine rénovation pour se transformer en douze espaces de cuisines équipés.

Investissement de 2 millions d’euros

Ces box seront loués 110 euros le m2 à des restaurateurs qui cuisineront sur place, puis vendront et livreront leur repas via une application web et smartphone connectée aux cuisines, créée de toute pièce par Popafood. « Nous nous occupons de tout avec une offre sur mesure, allant de la prise de photo à la réception de la commande, poursuit Éric Descargues. Nous assurons aussi l’emploi des »runners« , ces salariés qui assurent les allers-retours entre les cuisines et les livreurs (Uber Eats et Deliveroo, ndrl), la gestion de l’énergie et des déchets, le nettoyage des parties communes. »

Popafood, qui a investi quasiment 2 millions d’euros dans ce projet, se rémunèrera en prélevant 2% sur le chiffre d’affaires du locataire et 8% sur la vente à emporter du restaurant. En 2022, la filiale prévoit un chiffre d’affaires de 500.000 euros générés par la location de huit cuisines.

Déjà, cinq restaurateurs indépendants, dont les noms ne sont pas dévoilés, ont réservé un emplacement sur cette première implantation, qui sera ouverte en novembre prochain.
Mais sans attendre, Popafood lorgne déjà d’autres horizons : dans le viseur, Montpellier et Bordeaux. Et, pour accompagner cette croissance, elle prévoit une levée de fonds à la fin de l’année.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Les deux fondateurs de Popafood Éric Descagues (à gauche) et Florent Garin, devant le 32 bis rue Honoré-Serres, à Toulouse. Crédits : Valentine Chapuis-ToulÉco.

Une cuisine fantôme qui fait peur ?

Pour les habitants du quartier des Chalets, la pilule ne passe pas. Une pétition circule sur change.org pour réclamer le retrait du projet. Les 338 signataires pointent du doigt des « problèmes de nuisances sonores dues au passage d’un grand nombre de livreurs et de leur temps d’attente » et des « problèmes de sécurité routière (en raison) des trottoirs sacrifiés pour le partage des scooters de livraisons au détriment des piétons, circulation des scooters sur les trottoirs... »
Les riverains craignent également des « nuisances olfactives et attirances de rongeurs/insectes nuisibles dans le secteur ». Les deux fondateurs de Popafood, Éric Descagues et Florent Garin, devraient être reçus cette semaine par Olivier Arsac, chargé de la vie économique, de l’emploi, du commerce et de l’artisanat à la mairie de Toulouse.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Le-restaurant-2-0-de-Popafood-ouvre-ses-portes-en,31676