Transport aérien. Air France étudie la fermeture de sa base toulousaine

La compagnie aérienne doit soumettre aux organisations syndicales son projet de fermeture de la base toulousaine. Les hôtesses, stewards et pilotes se verraient alors proposer de la mobilité interne.

La base de Toulouse est-elle sur la sellette ? Les 127 hôtesses et stewards, ainsi que les 44 pilotes, sont-ils en sursis ? La direction d’Air France s’explique. « Il existait, avant le Covid-19, un projet de restructuration du réseau domestique. Cette activité perd 200 millions d’euros par an », justifie un porte-parole de la compagnie. Puis, la pandémie est passée par là, et avec elle, les mesures sanitaires imposées pour la freiner. En conséquence, les fréquences quotidiennes opérées par la compagnie aérienne depuis Toulouse vers Orly passent de 104 par jour à 66 aujourd’hui. Mais l’étude de cette piste éventuelle n’aurait aucun effet, ni sur le programme, ni sur les emplois, promet le groupe. « Dans l’hypothèse d’une amélioration sur le plan sanitaire, Air France prévoit de renouer avec un programme plus dense. »

De son côté, la CFDT n’est pas surprise. « On savait que les bases pointées - celles de Toulouse, Marseille et Nice- étaient à l’équilibre mais qu’elles n’étaient pas rentables », assure une source syndicale sous couvert d’anonymat. « La compagnie a essayé de contrer les concurrents low-cost, mais les clients n’ont pas été au rendez-vous. On change de modèle. »

100 postes supprimés à Toulouse

Ainsi le personnel concerné se verra proposer de la mobilité en interne. « Ce qui signifie qu’il devra se rendre à Paris la veille d’un vol », précise la direction. « Les employés des bases concernées, qui représentent 10% des effectifs, avaient des conditions meilleures que leurs collègues, qui eux se rendent chaque jour sur les aéroports franciliens. C’est un rééquilibrage qui s’opère », estime la source syndicale.

Cette annonce intervient alors que la compagnie est dans la tourmente. À l’arrêt, ou presque, pendant plusieurs semaines, Air France, qui a obtenu 7 milliards d’euros de prêts garantis par l’État, a indiqué l’été dernier tailler à la hache dans ses effectifs. Dans le cadre d’un plan de départs volontaires qui court jusqu’en 2022, 7000 personnes sont désormais en sursis, dont une cinquantaine d’employés au sol sur la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac. Le service informatique, installé sur le site de la Barigoude, à Toulouse, est aussi amputé de cinquante postes.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le site Air France de la Barigoude, à Toulouse. Crédit : Remy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Transport-aerien-Air-France-etudie-la-fermeture-de-sa-base,30930