Une rentrée sous le signe de l’inquiétude pour le Medef 31

Malgré la croissance enregistrée dans plusieurs secteurs de l’économie toulousaine depuis le début de l’année, le Medef 31 se dit très préoccupé par les effets de l’inflation, en particulier dans le secteur de l’énergie, sur la santé des entreprises.

C’est un rendez-vous incontournable de la rentrée dans le monde économique. À l’occasion de la sortie de la 35e édition du Top Éco, qui recense les 1500 entreprises les plus performantes d’Occitanie, le Medef 31 a livré le vendredi 9 septembre, une photographie de la conjoncture. Tout en nuances.

« Notre économie locale a beaucoup d’avenir et reste très dynamique », a lancé Pierre-Olivier Nau, le président du Medef 31, en ouverture de cette matinée, citant notamment les secteurs toujours florissants de l’aéronautique et de l’espace, avec un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros enregistré en 2021. Un chiffre qui cache pourtant de nombreuses sources d’inquiétude. « La rentrée est préoccupante à de nombreux égards », a rapidement nuancé le porte-parole des dirigeants, décrivant des entreprises très endettées depuis le Covid, et qui ont souscrit des PGE à rembourser dans les quatre ans. « Elles ont perdu des fonds propres et donc la capacité à investir. Ceci dans un contexte d’inflation galopante qui met à mal leur fonctionnement. »

À la limite de la rentabilité

Des propos illustrés par les représentants des différentes branches du Medef. À l’image de Philippe Frey, le président du syntec ingénierie conseil, qui rassemble en Occitanie 85.000 salariés et 6000 entreprises pour un chiffre d’affaires de 11 milliards d’euros en 2021. « 70 % des entreprises de notre secteur ont enregistré une croissance d’activité de plus de 10 % au premier semestre 2022, mais dans le même temps, 60 % d’entre elles décrivent une activité en limite ou en-dessous du seuil de rentabilité, notamment en raison de l’inflation. C’est un sujet qui prend des proportions très importantes et on ne sait pas où ca va s’arrêter. »

Le bâtiment à la peine, l’industrie porteuse

Dans l’industrie, Bruno Bergoend, le président de l’UIMM Occitanie, se veut pour l’instant plus optimiste. « Notre contexte régional reste très favorable avec, rien que pour Airbus, 7000 avions en commande ce jour, ce qui représente l’assurance de livraisons pour les dix ans qui viennent. » Un rattrapage ? Pas vraiment, puisque selon Bruno Bergoend, l’avionneur n’a enregistré qu’1 % d’annulation pendant les deux années de crise liée au Covid.

Dans le bâtiment et les travaux publics en revanche, les indicateurs sont plus moroses. « La Haute-Garonne ne s’inscrit pas dans la croissance enregistrée au niveau national et connaît même une baisse de production de logements significative », pointe Émile Noyer, le président de la FFB 31. « Entre juin 2021 et juin 2022, 11.700 logements, dont 7400 collectifs, ont été lancés en Haute-Garonne, soit une baisse globale respective de 20 % et de 25 %. » De mauvais chiffres que le représentant de la profession explique avant tout par les conséquences de l’annulation du PLUIH, le manque de foncier, et de trop faibles autorisations de construire (8600 permis de collectifs attribuées sur la même période). Autre difficulté dans ce secteur, « la hausse extravagante des coûts de matériaux, qui fragilise le modèle économique ». Une lueur d’espoir vient de l’immobilier hors logement. « Nous avons enregistré une hausse de 10 % des surfaces à construire autorisées, et les perspectives de chantiers tels que la 3e ligne de métro, la cité administrative, le campus de TBS, ou les investissements hospitaliers sont rassurantes », estime Émile Noyer.

Un indicateur cependant, n’épargne aucun secteur, c’est celui de la flambée des coûts liés à l’énergie. « Nous attendons un rendez-vous national, avec le gouvernement, et local, avec les collectivités, et des aides ciblées pour accompagner les entreprises très consommatrices d’énergie, notamment dans leur production », a insisté Pierre-Olivier Nau.
Béatrice Girard

Sur la photo : Pierre-Olivier Nau, président du Medef 31, Bruno Bergoend, président de l’UIMM Occitanie, Frédéric Honnorat, Numéum, Philippe Frey, président du syntec ingénierie conseil. Crédit : DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Une-rentree-sous-le-signe-de-l-inquietude-pour-le-Medef-31,35296