À Laguiole, le couteau aiguise sa stratégie et réclame l’indication géographique

Le syndicat des fabricants du couteau de Laguiole vient de déposer une demande d’indication géographique auprès de l’Institut national de la propriété industrielle. Une enquête publique est ouverte pendant deux mois.

« Je suis confiant. Je ne vois pas comment on ne peut pas l’avoir. D’autant que les consommateurs et les citoyens, eux-aussi, sont en attente », croit savoir l’optimiste Honoré Durand, à la tête du syndicat des fabricants aveyronnais du couteau de Laguiole. Ce collectif, qui regroupe sept entreprises situées dans le bassin nord de l’Aveyron, a déposé vendredi 5 février une demande d’indication géographique (IG) auprès de l’Inpi, l’Institut national de la propriété industrielle.

« On veut défendre notre nom, notre savoir-faire et notre terroir », insiste son président, par ailleurs gérant de la coutellerie éponyme fondée par ses parents sur la commune de Laguiole. Et des emplois. Car le couteau surmonté d’une abeille fait travailler 220 salariés et enregistre un chiffre d’affaires par an de 15 millions d’euros. « Pour nous, ce label d’État serait une reconnaissance, une garantie de notre lieu de production car les consommateurs ne savent pas ce qu’ils achètent », ajoute M. Durand, qui fait référence à la concurrence à bas coût de la Chine et du Pakistan.

Un cahier des charges précis

Pour l’heure, rien n’est encore joué. Car, désormais, une enquête publique est ouverte pour une durée de deux mois. Ce qui signifie que les citoyens peuvent déposer un avis, faire une observation. L’Inpi se chargera ensuite de rédiger une synthèse. « En fonction des avis, il peut y avoir une seconde version du cahier des charges », prévient un porte-parole de l’institut, qui ensuite promulguera ou pas l’homologation.

Pour déposer le dossier, il a fallu de longues concertations et réunions en amont, et ce, depuis sept ans. Mais les entreprises adhérentes du syndicat, en réalité concurrentes, ont réussi à accorder leurs violons pour établir un cahier des charges précis de quarante pages. Celui-ci indique que les matières premières, qui composent les pièces métalliques du couteau, répondent à des normes. Les entreprises certifient également que les lames, mitres, platines, ressorts et manches sont façonnés et assemblés dans cette même zone géographique.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le façonnage d’un manche de couteau Laguiole. Crédits : DR.

P.S. :

Pour l’heure, onze indications géographiques ont obtenu l’homologation : le granit de Bretagne, la porcelaine de Limoges, la charentaise de Charente-Périgord, le linge basque, la pierre d’Arudy, le grenat de Perpignan, l’Absolue du pays de Grasse, les pierres marbrières de Rhônes-Alpes, les tapis et tapisserie d’Aubusson, le siège de Liffol et la pierre de Bourgogne.

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Source : https://www.touleco.fr/A-Laguiole-le-couteau-aiguise-sa-strategie-et-reclame-l,30476