Aéronautique. Gillis Aerospace navigue (toujours ) dans le brouillard

Serge Dumas, le patron de Gillis Aerospace, le spécialiste de la production de fixations installé dans le Tarn-et-Garonne, mise sur des dispositifs de perfusion de l’économie proposés par l’État pour relancer l’activité.

Malgré un tempérament optimiste, Serge Dumas, le directeur général de Gillis Aerospace, ne parvient pas à se projeter dans les prochaines semaines. Il lui manque plusieurs éléments pour adapter la stratégie « de survie » de son entreprise d’une quarantaine de personnes au regard de la crise que rencontre le secteur.
À cette situation exceptionnelle, le patron de cette PME qui produit depuis Dieupentale (Tarn-et-Garonne) 1,2 million de fixations en petite série pour les cellules les équipements, adopte donc une attitude... exceptionnelle : la patience.

« On attend que les donneurs d’ordre et les équipementiers précisent leur programme en juin et fassent part de leurs besoins pondérés à leurs stocks aux entreprises de rang 2 et 3 », explique Serge Dumas, qui espère des prévisions claires à la mi-juillet. « On attend que des fonds pour la recherche soient débloqués. Car, nous devons être actifs et force de proposition sur l’avion plus vert et électrique », ajoute le patron de l’entreprise qui fait alors référence à l’une des mesures du plan de relance du secteur aéronautique. Le 9 juin dernier, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a en effet annoncé que 1,5 milliard d’euros d’aides publiques seront investis sur trois ans pour soutenir la recherche et le développement par le biais du Conseil pour la recherche aéronautique civile.

Réflexions sur l’après-crise

« On attend aussi que les aides pour le chômage partiel soient précisées », ajoute le dirigeant. Mais, là encore, le détail de ce dispositif ne sera connu quà l’issue de la concertation organisée par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, avec les partenaires sociaux. Même s’il se dit rassuré par ces aides gouvernementales, le patron estime que l’entreprise, qui a connu une baisse d’activité de 20%, rencontrera de réelles difficultés entre septembre et décembre. Et table alors sur un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros à la fin de l’année, comme en 2019.

Pourtant l’année 2020 avait très bien démarré. L’entreprise avait fait savoir qu’elle s’était adossée au groupe allemand Böllhoff, spécialisé dans les éléments d’assemblage spéciaux pour l’automobile, l’industrie et l’aéronautique. Pensée à l’origine comme un mariage de raison, cette prise de participation minoritaire au capital est aujourd’hui une « assurance-vie » pour la PME.
« Face à cette crise, l’actionnaire (650 millions d’euros de chiffre d’affaires, 3300 collaborateurs, quarante-cinq filiales et treize sites de production) n’a pas été sollicité », affirme Serge Dumas. « L’entreprise est en bonne santé et notre trésorerie est suffisante. On réfléchit à l’après-crise ».
Audrey Sommazi

Sur la photo : l’atelier de production de Gillis Aerospace dans le Tarn-et-Garonne.
Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco
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Source : https://www.touleco.fr/Aeronautique-Gillis-Aerospace-navigue-toujours-dans-le,29005