Depuis le Lot, le Mouton Givré souffle le chaud et le froid

Lancée en août 2019 dans le Lot, la marque de sacs isothermes en matières naturelles Le Mouton Givré doit garder la tête froide pour faire face à la demande. Ses deux fondatrices, qui ont déjà vendu plus de 3500 pièces, ont prévu d’embaucher trois personnes cette année.

L’histoire du Mouton Givré commence en 2018 lorsque Cinthia Born est contactée par La Caussenarde. Cette association, qui a pour but de valoriser la brebis caussenarde du Lot et en particulier sa laine, fait appel au talent de la couturière pour confectionner capes et gilets. Au contact des éleveurs, cette fille de commerçants aveyronnais, mariée elle-même à un éleveur bovin, s’intéresse à la matière et à ses débouchés.

« J’ai découvert que 80% de la laine de mouton en France partaient à l’étranger pour revenir dans le territoire une fois tricotée. En reprenant mes cours de couture, je me suis rendue compte que la laine était un excellent isolant thermique. Une idée m’est alors venue », explique la jeune femme de 34 ans. C’est la rencontre avec Élodie Madebos, costumière depuis plusieurs années pour le théâtre et le cinéma, qui va la décider à lancer son projet de sacs isothermes 100% naturels à base de laine, lin et chanvre.

Un financement participatif, qui se solde par 650 précommandes en septembre 2019, permet aux deux associées de lever 24.000 euros et de lancer la production de leur premier modèle, le lunch bag Marguerite de 5,5 litres. En mai 2020, le cabas de 26 litres Berthe complète la gamme du Mouton Givré.

Laine locale

De forme différente, ces deux sacs isothermes allient les trois mêmes matières, une épaisseur de toile de lin à l’extérieur, du chanvre pour les sangles et les biais et du feutre de laine à l’intérieur pour une isolation pendant 4 à 6 heures pour du frais et 1h30 pour du surgelé.
« Nous avons fait le pari de montrer la matière, douce au toucher. Nous récoltons nous-mêmes la laine auprès d’éleveurs du Lot, le jour de la tonte et nous la trions. Elle est ensuite lavée par une société du Gévaudan et feutrée dans le Limousin. Cette proximité permet un contrôle à chaque étape et réduit notre impact carbone. La laine est une charge pour les éleveurs. Le prix de vente de 10 centimes d’euro au kilo ne permet pas de couvrir les frais de tonte. C’est pourquoi nous avons pris l’engagement de leur acheter la laine cinq fois le prix du marché », souligne Cinthia Born.

Victimes de leur succès, les deux cogérantes du Mouton Givré travaillent depuis plusieurs mois à flux tendu dans leur atelier de Cambes, près de Figeac. « Il nous est impossible de faire du stock. La tendance est aux produits naturels, issus d’une fabrication française et éco-responsable. Nos sacs isothermes zéro plastique, cousus dans notre atelier et qui garantissent un prix avantageux aux éleveurs, cochent toutes les cases. »

Levée de fonds en cours

Pour faire face à la demande, Élodie Madebos, responsable de production, et Cinthia Born, en charge du marketing et du développement commercial, ont dû se structurer. Le Mouton Givré, qui emploie quatre personnes, prévoit trois autres embauches en production d’ici le mois de septembre. La jeune société est par ailleurs en train de finaliser une nouvelle levée de fond de 100.000 euros pour financer l’achat de machines et travailler à de nouveaux projets.

En 2021, elle devrait doubler son chiffre d’affaires pour atteindre les 230.000 euros, réalisés à 80% via sa boutique de vente en ligne. Le Mouton Givré séduit aussi des professionnels comme le célèbre glacier parisien Berthillon, l’Ariégeois Philippe Faur ou encore le Chantier naval de Savoie, qui complète ses paniers pique-nique haut de gamme en osier tressé et en cuir cousu main avec une glacière lotoise.
Johanna Decorse

Sur les photos : Depuis le début de sa production, en octobre 2019, Le Mouton Givré a fabriqué plus de 3500 sacs isothermes dans son atelier de Cambes, dans le Lot. Crédit photo : Lucas Madebos.

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Source : https://www.touleco.fr/Depuis-le-Lot-le-Mouton-Givre-souffle-le-chaud-et-le-froid,31342