Reconfinement : À Toulouse, l’immobilier ne tiendra pas sur la durée

Si l’immobilier résidentiel s’est particulièrement bien relevé du premier confinement, avec un rebond d’activité qui a surpris tous les observateurs, l’annonce du reconfinement a fait passer les voyants au rouge. Fermeture des petits commerces, interdiction des visites de logements et hausse des refus de financement mettent locataires, petits bailleurs, acheteurs et agences immobilières dans la difficulté.

Il est évidemment trop tôt pour mesurer les effets du reconfinement, mais les acteurs du secteur immobilier craignent déjà le pire. En coulisse, tous les syndicats de la profession sont vent debout pour négocier un assouplissement des mesures de reconfinement auprès du ministère du Logement. En effet, contrairement au bâtiment, considéré cette fois comme secteur prioritaire et pour lequel les chantiers continuent de tourner, les agences immobilières ont dû baisser le rideau et les visites de logements sont interdites. Seuls les états des lieux sont encore autorisés.

« Si l’on interdit de faire des visites, comment voulez vendre le moindre appartement ? », s’agace Janine Redon, la présidente de l’Unis Occitanie. « Une telle décision met à l’arrêt toute la filière vente. Or, dans la profession, beaucoup d’agents commerciaux et un certain nombre d’agences ne vivent que de cela. » Difficile de mesurer le manque à gagner à venir pour la filière immobilier à Toulouse, car pour l’heure les transactions entamées avant le reconfinement se poursuivent. « Nos études restent ouvertes, avec une activité qui se fera prioritairement en distanciel », a réagi Christine Dechaumont, la présidente de la chambre des notaires de la cour d’appel de Toulouse.

L’immobilier n’a pas les épaules pour un reconfinement long

La difficulté va toutefois consister à tenir sur la durée. « Si le confinement dure un mois, nous tiendrons le coup mais, si on va jusqu’à Noël, c’est un scénario catastrophe qui se profile », avance même Maël Bernier, la porte-parole de meilleurstaux.com. Selon ce courtier, les mauvais signaux ne font plus aucun doute du côté des banques en matière de financements. Meilleurtaux.com décrit ainsi une flambée des refus de crédits immobiliers, passés de 9 % à 20 % entre juillet et novembre dans toute la France. « Toulouse n’échappe pas à cette règle. Depuis la crise du Covid-19 et les premiers plans sociaux, les banques ont ajouté à leur liste, le critère "risque de chômage" », pointe Maël Bernier. « Ainsi, dans un couple, si l’un des deux travaille dans l’aéronautique, la restauration ou l’événementiel, il est devenu très difficile de se faire financer, sauf si le ou la conjoint (e) gagne bien sa vie et dans un secteur absolument pas impacté par la crise. »

L’inquiétude des petits bailleurs

Autre effet colatéral du reconfinement sur l’immobilier : la fermeture des bars, restaurants et des petits commerces. « Il est évident que les difficultés de paiement de loyers sont à craindre pour tous ces commerçants, avec des répercussions non négligeables pour les petits bailleurs », prévoit Janine Redon qui pense être fixée sur les premiers retards de loyers dans les prochains jours et au cours du mois de novembre. Pour éviter cela, le gouvernement a annoncé, pour les bailleurs qui renoncent à au moins un mois de loyer entre octobre et décembre 2020, un crédit d’impôt de 30 % du montant des loyers abandonnées. « C’est une proposition qui peut amortir le choc, mais elle n’est, là encore, pas tenable sur la durée », selon la présidente de l’Unis Occitanie. « Car la plupart de ces propriétaires sont des petits bailleurs qui ont besoin de ces revenus pour vivre. »
Béatrice Girard

Sur la photo : À Toulouse le secteur immobilier n’a pas les épaules pour supporter un second confinement de longue durée. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

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