Ski. La Compagnie des Pyrénées, le nouveau géant de la montagne

Après une année blanche en 2020, la Compagnie des Pyrénées se prépare à la réouverture de ses pistes le 4 décembre prochain. Elle travaille aussi sur la première opération de sa nouvelle filiale, une société foncière dédiée à l’hébergement en station, à la Mongie.

Depuis 2019, date de l’entrée à son capital de la Région Occitanie et de la Banque des Territoires, N’PY ne cesse de grossir. La Sem, qui réunit désormais sous le nom de la Compagnie des Pyrénées les fonctions support de Peyragudes, Piau-Engaly, Grand Tourmalet, Pic du Midi, Luz-Ardiden, Cauterets, Gourette et La Pierre Saint-Martin, a intégré en 2021 de nouveaux actionnaires.
La Région Aquitaine et les Départements de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Orientales ont mis au pot pour renforcer le poids des collectivités dans la gouvernance.

La Sem, présidée par Carole Delga, a ainsi vu son capital social passer en deux ans de 60.800 euros à 4,5 millions d’euros. Les Régions en détiennent 34%, les Départements 13% et la Banque des Territoires 26%. La Compagnie des Pyrénées est aussi devenue un véritable groupe avec ses filiales opérationnelles : N’Py Resa dédiée à la commercialisation, Skylogde pour l’exploitation d’hostels et la Compagnie des Pyrénées Participations. L’objectif de cette SAS est de capitaliser les structures exploitantes de domaines skiables pour financer leurs projets de diversification.

Projet dans les Pyrénées-Orientales

La société d’économie mixte locale du Grand Tourmalet, qui a décroché en 2020 le contrat de délégation de service public pour l’exploitation des stations de Barèges et la Mongie, a été la première à activer ce levier. Elle va ainsi pouvoir porter un programme d’investissements de 32 millions d’euros sur les dix prochaines années. À moyen terme, la Compagnie des Pyrénées devrait aussi accompagner le projet Trio du Département des Pyrénées-Orientales visant à regrouper les stations de Porté-Puymorens, Cambre d’Aze et Formiguères.

2021 a aussi vu la création d’une quatrième filiale, la Foncière des Pyrénées, dans laquelle la Compagnie des Pyrénées détient 10% et qui a vocation à porter des projets d’hôtellerie en propre ou à accompagner des investisseurs. Cette foncière est d’ailleurs en phase de rachat d’établissements à La Mongie pour proposer un hébergement de meilleure qualité.

Coordonner les investissements

« Pour faire face aux enjeux du réchauffement climatique, à la baisse des moyens des collectivités et se diversifier autour d’une offre quatre saisons pour maintenir l’emploi et les activités dans les stations, il fallait trouver une solution. Inventer quelque chose. Sans ça, c’était la mort des vallées. Nous sommes devenus l’outil de développement de la montagne voulu par les Régions, auxquelles les Départements se sont ralliés. La finalité est de faire évoluer le mode d’intervention de ces collectivités de la subvention vers la capitalisation. C’est vertueux pour elles car il s’agit d’actifs, d’argent placé mais pas dépensé. Avoir une approche territoriale à l’échelle de tout le massif permet aussi de coordonner les investissements », explique Christine Massoure, directrice générale de la Compagnie des Pyrénées.

Malgré une année blanche en 2020, les stations de la Compagnie des Pyrénées consacreront cette saison 17,8 millions d’euros à leurs équipements, ce qui n’aurait pas été possible sans le soutien de l’État. « Quel que soit leur statut, toutes les stations ont été indemnisées à hauteur de 49% de leur chiffre d’affaires, ce qui a couvert à peu près 70% de leurs coûts fixes », explique Laurent Garcia, le directeur de Peyragudes. « Nous avons fait le dos rond pendant un an et demi, nous avons travaillé sur nos dépenses tout en préparant cette nouvelle saison. Nous devrions rouvrir dans de bonnes conditions. »
Johanna Decorse

Sur les photos : Comme les autres stations du réseau N’Py, Cauterets a prévu d’ouvrir le 4 décembre, voire le 27 novembre pour le Cirque du Lys. De son côté, Peyragudes a agrandi ses espaces débutants côté Peyresourde. Crédit : N’PY.

À Luchon, la Crémaillère Express est sur les rails

En Haute-Garonne, les trois stations de Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oueil vont aussi faire leur rentrée. Ces domaines skiables sont gérés depuis 2018 par le syndicat mixte Haute-Garonne Montagne, dans lequel le Département intervient à hauteur de 80% et la communauté de communes des Pyrénées haut-garonnaises pour les 20% restants. Depuis trois ans, près de 20 millions d’euros ont déjà été mis sur la table par les deux collectivités pour les dépenses de fonctionnement. Et, d’ici 2025, le plan d’investissement du Département pour ces trois stations va porter sur 25 millions d’euros. Une enveloppe dédiée notamment à une offre « quatre saisons », devenue nécessaire pour pallier le manque de neige et répondre à une nouvelle demande. À elle-seule, la « Crémaillère Express » en absorbera 11 millions. Cet ascenseur valléen au coût global de 18 millions d’euros remplacera la télécabine actuelle entre Luchon et Superbagnères, inaugurée il y a trente ans. Il pourra transporter dix personnes par cabine mais aussi les personnes à mobilité réduite, les vélos et les brancards. Sa mise en service est prévue en novembre 2022.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Ski-La-Compagnie-des-Pyrenees-le-nouveau-geant-de-la-montagne,32517