Toulouse Métropole enfin au rendez-vous pour l’extension des consignes de tri

Toulouse Métropole a mis en place, le 1er janvier dernier, l’extension des consignes de tri à l’échelle de son territoire. En attendant 2025 et la construction d’un nouveau centre dédié à Bessières, la collectivité a dû mettre en place des « solutions transitoires » en sous-traitant une partie de ses déchets recyclables. Le surcoût a été chiffré à 2 millions d’euros par an.

Malgré son retard par rapport à d’autres territoires d’Occitanie en matière de tri et de valorisation des déchets, Toulouse Métropole a réussi à être au rendez-vous. Comme la loi l’y oblige depuis le 1er janvier [1], la collectivité applique enfin l’extension des consignes de tri.

Celui-ci a été simplifié, tous les emballages papier, carton, métal et plastique allant désormais dans la même poubelle bleue – qui à terme sera jaune comme ailleurs en France. Jusqu’alors, 8 % seulement des habitants de Haute-Garonne pouvaient procéder à ce tri exhaustif, contre 63 % à l’échelle de la région. Il y a encore trois semaines, on ne pouvait recycler que le papier, le carton, le métal et certains flacons et bouteilles en résine PET et PEHB. La majorité des plastiques devait être jetée avec les ordures ménagères et incinérée.

En 2021, quelque 30.200 tonnes de déchets recyclables ont été collectés dans le territoire de Toulouse Métropole, soit 37 kg par habitant. Avec la simplification du tri, l’objectif est d’atteindre un volume de 33.000 tonnes, soit 41 kg par habitant. Mais pour l’heure, l’information n’est pas encore bien passée. Selon une récente étude d’opinion, seulement 17 % des habitants ont connaissance de l’extension des consignes de tri, a indiqué Jean-Luc Moudenc, ce mardi, lors d’une conférence de presse. Le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole compte pourtant sur elle pour faire baisser encore la production de déchets ménagers. « Nous étions, en 2010, à 472 kg par habitant et par an contre 447 kg en 2021. Nous sommes sur une bonne trajectoire. En réduisant les déchets à la source, l’objectif est de passer à 420 kg l’année prochaine. »

Sur-tri en Lozère


Mais pour la métropole, cette extension des consignes de tri a un coût. Ses deux centres de tri de Sesquières et Bessières, essentiellement mécaniques, ne sont pas équipés pour pouvoir prendre en charge tous les plastiques. Le retard dans leur modernisation pris par le syndicat mixte Decoset, qui gère le tri sélectif pour les huit grandes collectivités du nord de la Haute-Garonne, soit l’équivalent de 152 communes et un million d’habitants, ne sera rattrapé qu’en 2025. C’est la date à laquelle le nouveau centre de tri de Bessières, équipé de lecture optique, entrera en service.

Lire par ailleurs : Recyclage. Comment la Haute-Garonne tente de combler son retard

D’ici là, Decoset va devoir « sous-traiter ». Une partie des déchets du centre de tri de Toulouse, dont la capacité est de 20.000 tonnes par an, sera acheminée en Lozère pour y être « surtriée ». Et entre 5 et 10.000 tonnes par an seront envoyées à la Drimm, pôle de valorisation situé à Montech, dans le Tarn-et-Garonne.

Ces « solutions transitoires » vont entraîner un surcoût de 2 millions d’euros par an à la charge de Decoset, précise Vincent Terrail-Novès, vice-président de Toulouse Métropole et président du syndicat mixte. Concernant le futur site de Bessières, projet évalué à 46 millions d’euros, on devrait connaître le nom des entreprises en charge des travaux et de l’exploitation dans les prochaines semaines. « Il s’agit d’un marché global, nous sommes dans la phase d’attribution », précise l’élu.

Les nouveaux emballages triés par les habitants de la métropole vont alimenter des filières spécifiques de valorisation, installées « à 99% en France et en Europe », souligne Laure Poddevin, directrice régionale Occitanie de Citeo. Cet éco-organisme gère et coordonne partout en France la collecte et le recyclage des emballages ménagers en lien avec les collectivités locales et les entreprises. C’est également lui qui perçoit chaque année 800 millions d’euros auprès des industriels au titre de la contribution emballage. Celle-ci est reversée aux collectivités locales, proportionnellement aux volumes de déchets collectés. Toulouse Métropole reçoit pour sa part 5 millions d’euros par an.
Johanna Decorse

Sur la photo : Laure Poddevin, directrice régionale Occitanie de Citeo, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole et Vincent Terrail-Novès, vice-président de Toulouse Métropole et président du syndicat mixte, lors de la conférence de presse ce mardi 17 janvier sur l’extension des consignes de tri dans la métropole. Crédit : Hélène Ressayres-ToulÉco.

PS : Et bientôt les déchets alimentaires :
À compter du 1er janvier 2024, le tri des biodéchets à la source va aussi devenir obligatoire. Les particuliers devront s’équiper d’un composteur ou amener leurs déchets alimentaires dans un point d’apport volontaire. Selon Toulouse Métropole, qui a déjà fourni 38.000 composteurs, un quart seulement des maisons individuelles sont équipées. Son but est de doubler leur proportion d’ici 2026. Concernant l’habitat collectif, 339 pieds d’immeuble disposent aujourd’hui d’un agribac et vingt jardins publics. L’objectif est de passer à 750 immeubles et trente sites publics supplémentaires. Une expérimentation d’un an va démarrer en octobre prochain dans le quartier Grand Noble, à Blagnac, où dix points d’apports seront installés et mis à la disposition des 2000 à 3000 habitants concernés. Selon la qualité et la quantité du tri de biodéchets, le dispositif pourra être adapté avant d’être étendu à l’ensemble du territoire. En 2021, 5,8 kg par habitant de déchets alimentaires ont été compostés sur le périmètre de Toulouse Métropole. L’objectif est d’atteindre 8 kg en 2024. L’enjeu est important puisque selon la collectivité, la valorisation des biodéchets provenant des habitants doit permettre de réduire d’environ 18.000 tonnes les volumes d’ordures ménagères.

Notes

[1L’ECT est une obligation réglementaire pour toutes les communes du territoire français définie par la loi Transition énergétique d’août 2015 puis par la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire de février 2021.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Metropole-enfin-au-rendez-vous-pour-l-extension-des,36570