Covid-19 : Paul Boyé Technologies va produire 10 millions de masques FFP2 cet été

L’entreprise toulousaine Paul Boyé Technologies, l’une des quatre usines françaises capables de fabriquer les masques FFP2, accélère les cadences pour produire 10 millions de masques par mois cet été. Son dirigeant pointe cependant l’irresponsabilité du secteur de la santé qui n’a pas constitué lui-même des stocks hors période de crise.

Face à cette crise sanitaire de grande ampleur, il faut des masques. Il faut plus, beaucoup plus, de masques. C’est ce à quoi s’attelle Paul Boyé Technologies. L’entreprise, qui fabrique depuis Labarthe-sur-Lèze, près de Toulouse, des uniformes et des équipements de protection individuelle pour la gendarmerie, les pompiers et l’armée, joue la montre pour lutter contre la propagation du virus. Depuis le début de l’année, elle a décidé de remettre en fonctionnement ses quatre lignes de production de masques FFP2 (composé d’un dispositif de filtration), remparts contre le Covid-19.

« Nous fabriquons actuellement 500.000 masques par semaine et nous ne sommes qu’au début du process. Nous allons frôler le million cette semaine », explique le président Jacques Boyé, dont la production livrée uniquement au personnel de santé a été réquisitionnée par l’État depuis le 3 mars. Et le rythme doit s’accélérer pour atteindre 1,5 million de masques hebdomadaire d’ici un mois puis 10 millions par mois pendant l’été. « Ce qui est énorme », assure-t-il. D’autant que les commandes passées par l’État garantissent un plan de charge maximal jusqu’à fin septembre.
Pour parvenir à une telle cadence, Jacques Boyé mise sur la polyvalence de ses salariés. « Elle est notre force », poursuit le patron. « Actuellement, je réduis les activités sur d’autres secteurs pour renforcer l’équipe d’une dizaine de mécaniciens du secteur masque ».

Masques produits en France

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C’est en 2006 lors de la grippe aviaire (H5N1) que la société avait construit deux unités de fabrication de masques qu’elle avait ensuite doublé à grands renforts d’investissement en 2009 pour faire face à la grippe porcine (H1N1). Depuis, et ce jusqu’à janvier, elles étaient en stand-by. « On avait fait de très gros investissements en matériel pour assurer le programme demandé à l’époque et sa continuité. Mais, il s’est arrêté à partir de 2010-2011 et les machines n’ont plus tourné. Hors période de crise, on ne produit pas car l’État ne nous demande plus rien. Le marché est organisé de telle sorte qu’il n’y a plus de plan de sécurité donc on ne stocke plus, on ne maintient pas les stocks à niveaux de validité. Et, le jour où on a besoin de masques, si on n’a plus d’usines en France pour les faire, on est obligés de les importer. Sachant que les très gros fabricants mondiaux de masques sont Chinois », regrette le dirigeant.

« Heureusement que j’ai gardé mes machines », se félicite-t-il. « Mais, à l’avenir il ne faudrait pas faire la même erreur et conserver une production française », avance Jacques Boyé.
Pour éviter le rationnement au compte-gouttes de cet équipement de protection, le dirigeant appelle à la responsabilité du personnel de santé. « Trouvez-vous normal que des hôpitaux n’aient pas constitué de stocks de masque FFP2 ? Pourquoi les hôpitaux, les médecins, les pharmacies n’ont pas une politique de stock de masques et attendent le dernier moment pour acheter des masques ? », s’interroge-t-il. « C’est invraisemblable. L’État ne peut pas être la roue de secours de tout le monde. »
A.S.

Sur les photos :
En haut : la chaîne de production de masques anti-grippaux FFP2 de la société haut-garonnaise Paul Boyé Technologies. Celle-ci est notamment spécialisée dans les équipements et protections de santé. Crédits : PBT - DR.
En bas, de gauche à droite : Philippe Boyé, directeur général et Jacques Boyé, président, les deux frères du groupe familial Paul Boyé Technologies. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Covid-19-Paul-Boye-Technologies-va-produire-10-millions-de,28356