La transformation du site AZF, 20 ans après l’explosion

Entre la route d’Espagne et la Garonne, le site de 220 hectares accueille un campus, qui regroupe des acteurs privés et publics investis dans la lutte contre le cancer, et la plus grande centrale photovoltaïque en service en France.

Le temps est passé mais la plaie, elle, est encore vive pour les Toulousains. C’est la raison pour laquelle l’inauguration de la plus grande centrale photovoltaïque française en service ne se fera évidemment pas le 21 septembre, mais le lendemain. Car ce mardi, place aux commémorations et au recueillement en souvenir des victimes de l’explosion qui fit voler en éclats l’usine AZF (AZote Fertilisants), propriété de la société Grande Paroisse et filiale de Total, provoquant la mort de 31 personnes et faisant de nombreux blessés.
Deux décennies plus tard, il reste quelques vestiges visibles (tube d’acier et bout de murs) de cette ancienne usine. La tour rouge et blanche et les hangars ont été démontés. Le cratère, épicentre du blast, est toujours là, mais sous scellés judiciaires. Ce gouffre de soixante-dix mètres de long et quarante mètres de large sur plus de cinq mètres de profondeur se réduit au fil des ans. Rempli d’eau, il est aujourd’hui entouré de végétation.

Sur les 25 hectares de la Zac (Zone d’aménagement concerté) Oncopole, du nom du site voisin dévolu à la recherche sur le cancer inauguré en 2009, 35.000 panneaux solaires ont été installés. En service depuis le mois d’octobre, ils doivent fournir « une production annuelle de 19.500 mégawattheures (MWh), soit l’équivalent de la consommation annuelle de 4100 foyers », nous explique une porte-parole de Urbasolar, la société située à Montpellier (Hérault) choisie pour exploiter le site.

5000 employés sur le campus

Pour ce projet, l’investissement est de taille : 12,4 millions d’euros engagés par Urbasolar, Toulouse Métropole, la régie municipale d’électricité de Toulouse, l’Agence régionale énergie climat (Arec) et la coopérative Citoy’enR.

Les 220 hectares du site, propriété de Toulouse Métropole, ont aussi vu l’installation de l’institut-universitaire du cancer de Toulouse-Oncopole. Ce complexe, à l’architecture futuriste, a bénéficié dès sa création du soutien de Total, à hauteur de 10 millions d’euros. Les laboratoires Pierre Fabre, Sanofi puis Evotec, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) lui ont emboîté le pas. À ce jour, environ 6000 personnes travaillent sur l’ensemble du campus qui compte 56 établissements publics et privés.

Pour l’union départementale CGT de la Haute-Garonne, « 20 ans après, les enseignements n’ont pas été tirés ». « Concrètement, dans les entreprises, la situation est pire aujourd’hui pour la prévention des risques industriels avec une multiplication des accidents, incendies », argumente l’organisation syndicale qui cite comme principales causes « l’augmentation de la sous-traitance et des emplois précaires, le sous-investissement, le vieillissement des installations, la réduction des moyens de secours et de la maintenance, la casse des collectifs de travail, la déresponsabilisation des entreprises.... ».

La CGT appelle ce mardi à un rassemblement, dès 10 heures, au rond-point du 21 septembre, à Toulouse. L’après-midi, elle propose deux débats sur deux thèmes à la bourse du travail : « 20 ans après où en est-on ? »et « Emploi, qualité de vie, environnement, oppositions ou convergences ? »
A.S.

Sur la photo : Le site industriel quelques jours après l’explosion.
Dans l’article : Les panneaux photovoltaïques installés sur le site. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/La-transformation-du-site-AZF-20-ans-apres-l-explosion,32052