Le logement social : grand absent des municipales en Occitanie selon l’USH

Alors que le logement s’impose comme l’un des thèmes forts de la campagne des municipales, Jean-Michel Fabre, le président de l’USH, regrette que le logement social reste le grand absent des débats et livre un bilan en demi-teinte de la construction de logements sociaux en Occitanie.

En 2019 en Occitanie, on compte 3,9 demandes de logement social pour une attribution, en moyenne. Le bilan pour l’habitat social présenté il y a quelques jours par le président de l’USH (Union sociale pour l’habitat) reste donc mitigé. D’autant que ce chiffre cache d’importantes disparités : 1,9 demandes pour une attribution dans les Hautes-Pyrénées, mais 6,9 pour une dans l’Hérault et 3,5 pour une en Haute-Garonne.

Dans notre région qui accueille 50.000 nouveaux habitants par an, la demande de logements sociaux ne cesse d’augmenter. Elle est passée de 131.000 en 2017 à 145.000 en 2019. « Ces trois dernières années, 100.000 personnes ont obtenu un logement social en Occitanie et les deux tiers d’entre elles étaient des nouveaux arrivants », indique Jean-Michel Fabre. « En réalité si notre production de logements sociaux est dynamique, elle reste insuffisante avec 8000 à 9000 logements sociaux par an. Pour satisfaire correctement la demande, il faudrait en produire 12.000 par an », mesure-t-il.

1 euro investi dans le logement social rapporte 10 euros en Occitanie

À quelques jours des municipales, le chef de file de l’USH, qui rassemble cinquante-cinq opérateurs, en profite pour rappeler le poids de l’habitat social dans l’économie régionale. « Les bailleurs sociaux investissent chaque année 1,86 milliards d’euros dans l’économie régionale à travers la construction et la réhabilitation des logements sociaux, et pour 1 euro investi, un logement social rapporte 10 euros à l’État et aux collectivités locales, notamment en terme de taxes. Il me semble donc indispensable que les candidats aux municipales se saisissent de la question. »

Parmi les problématiques à prendre en compte par les aspirants maires, Jean-Michel Fabre pointe l’explosion des prix du foncier, le manque récurrent de logements sociaux pour des catégories de population très paupérisées comme certains seniors, des personnes en situation de handicap, des femmes victimes de violence. « Dès qu’ils seront élus, les nouveaux maires devront faire face à des situations de pénurie de logements dans leur territoire et trouver des solutions. Ils ou elles doivent donc nous considérer, en tant que bailleurs, comme leurs partenaires, » pointe le président de l’USH.

Un grand oral avant les municipales

C’est d’ailleurs dans cette optique que la fédération du bâtiment et des travaux publics de Haute-Garonne (FBTP 31) a convié cette semaine, en partenariat avec l’USH, la FPI, l’ordre des architectes, l’AIMP et les constructeurs de maisons individuelles, six candidats aux municipales à un grand oral pour connaître leurs positions.
« En tant que professionnels de la construction, notre rôle est de mettre en œuvre les politiques publiques, il nous paraissait donc indispensable de comprendre la vision des candidats avant les élections », explique Jonathan Sutra, le secrétaire général de la FBTP 31.

Pendant une à deux heures, les candidats aux Municipales à Toulouse, Franck Biasotto, Pierre Cohen, Quentin Lamotte, Antoine Maurice, Jean-Luc Moudenc et Nadia Pellefigue ont donc défendu leur vision urbanistique et architecturale de Toulouse, leurs engagements en matière de logements (classification, construction de grande hauteur…) de mobilités, de gestion des fonciers, mais aussi leurs relations avec les entreprises locales, l’aménagement des territoires et la rénovation énergétique des bâtiments.

Verdict ? « Des échanges variables » , note Jonathan Sutra. « Certains sont dans la gestion de la cité et veulent apporter des modifications ou des orientations particulières, d’autres sont dans la rupture, annoncent moins de construction, moins d’étalement et une révision du PLUIH. Nous mettons en garde face au risque de rupture de charge qui pourrait se manifester au lendemain des élections car Toulouse ne peut pas se permettre de faire une pause. »
Béatrice Girard

Sur la photo : En Occitanie le bilan 2019 de la production de logements sociaux reste mitigé. Résidence Agranat, du bailleur social Patrimoine SA Languedocienne à Saint Orens. Crédits : USH - DR.

P.S. :

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