Logements neufs : Toulouse n’avait pas connu telle pénurie depuis 2009

L’Observer de l’immobilier toulousain a présenté lundi 15 novembre le bilan des ventes de logements neufs depuis le début de l’année. Verdict ? La situation se dégrade de trimestre en trimestre et il faudra au moins deux ans pour remonter la pente.

« La célébration des mauvaises nouvelles continue et s’accélère, même, depuis l’été dernier. Il n’y a quasiment plus de mises en ventes de logements neufs dans l’aire urbaine et à Toulouse. La "machine est cassée", il faut d’ailleurs remonter à 2009 et la crise des subprimes pour retrouver une telle pénurie. » C’est avec ces mots que Jean-Philippe Jarno, président de l’Observer de l’immobilier Toulousain, a introduit la présentation des dernières données de la profession. Chiffres à l’appui.

Sur les trois premiers trimestres 2021, 3189 mises en vente ont été enregistrées dans l’aire urbaine toulousaine (en baisse de 42% par rapport à la même période en 2019 avant la pandémie).
Baisse identique enregistrée dans Toulouse, sur la même période (-41% avec 1193 mises en ventes). Une rareté qui se répercute évidemment sur les ventes. Elles sont en baisse de 26% dans l’aire urbaine (3933 ventes au détail) et de 36% dans Toulouse (1811 ventes au détail) depuis le début de l’année.

« Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est que la situation continue de se dégrader de trimestre en trimestre. Nous avons encore perdu 400 logements ce troisième trimestre en termes de mises en vente dans l’aire urbaine et craignons que cela ne continue au quatrième trimestre. » Dans ce contexte ,les ventes en bloc subissent aussi des baisses vertigineuses et la panne se répercute sur les logements sociaux. -53 % de ventes en blocs enregistrées dans l’aire urbaine par rapport à la même période en 2019 (583 ventes) et -36 % dans Toulouse (410 ventes).

Vers un syndrome niçois ?

L’annulation du PLUIH prononcée en mai dernier a sans doute aggravé la situation. « Nous avons le sentiment que les élus commencent à prendre la mesure des événements, mais le pacte de la métropole toulousaine, signé à l’unanimité pour palier l’annulation du PLUIH, ne porte pas encore ses fruits », estime Jean-Philippe Jarno.

Comme toujours, le contexte de mises en vente au compte-gouttes et de stocks au plus bas fait flamber les prix. Dans l’aire urbaine, il faut désormais débourser 4293 euros/m2 hors parking, soit une hausse de 2% depuis 2020 et de 7,5% depuis 2019. « Les prix ont augmenté de 100 euros en un an sur l’aire urbaine et de 150 euros dans Toulouse. » Pour le spécialiste, la raison est double : une hausse des prix du foncier, accompagnée d’une hausse du coût des matériaux qui n’est sans doute pas terminée.

« Avec ce niveau d’augmentation des prix, on craint de voir le syndrome niçois toucher Toulouse », dit-il. « Une ville magnifique, qui se vide de ses acheteurs potentiels car ils n’ont plus les moyens ! »
Pour reconstituer les stocks et relancer la machine, les promoteurs le savent, il faudra pourtant faire le dos rond, pendant au moins deux ans, jusqu’en 2023.
Béatrice Girard

Sur la photo : Presque plus rien à vendre et des prix qui flambent dans l’aire urbaine toulousaine. La machine du logement neuf est cassée, alerte l’Observer. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.

P.S. :

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Source : https://www.touleco.fr/Logements-neufs-Toulouse-n-avait-pas-connu-telle-penurie-depuis,32526