Municipales à Toulouse : la rétro de la semaine

J-30

À un mois du premier tour, les candidats à la mairie de Toulouse finissent de détailler leur programme. Mises en cause et petites phrases rythment aussi la campagne, marquée cette semaine par les plaintes du RN et une passe d’armes en patins Moudenc-Archipel.

Le climat se tend. Lundi, Quentin Lamotte, la tête de liste du Rassemblement national, a annoncé le dépôt de quatre plaintes après avoir été agressé alors qu’il tractait, la veille, avec ses colistiers au marché Cristal. « Plusieurs colistiers et militants ont été bousculés, plaqués contre les murs et molestés, certains ont été blessés, notre matériel de campagne nous a été arraché et a été détruit sous nos yeux (…) J’ai moi-même été violemment pris à partie sous les crachats, les bousculades et les coups de bâton », a indiqué le candidat RN en mettant en cause « les militants d’autres listes de gauche qui assistaient à la scène » et « se sont joints à ces milices antifas pour (les) invectiver ».

Cette agression a aussitôt été condamnée par le maire sortant LR Jean-Luc Moudenc qui s’est dit « inquiet de la tournure que prend le débat des municipales » et « la multiplication des attaques contre les candidats ». De son côté, l’écologiste Antoine Maurice pour Archipel Citoyen a appelé à « ce que la campagne électorale puisse prendre de la hauteur » afin de répondre aux questions de l’urgence démocratique et sociale et de la transition écologique. Passé cet épisode qui a servi le discours du Rassemblement national sur « l’ensauvagement » de la ville, les candidats sont revenus sur le fond.

Un Octogone Parc entre les boulevards

Nadia Pellefigue, dont les projets de « bouclier végétal » et de « patriotisme économique local » ont été présenté dès le mois de décembre, a détaillé cette semaine ses 148 propositions pour la ville. Après s’être engagée à faire baisser de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, la tête de liste Une nouvelle énergie pour Toulouse soutenue par le PS, le PRG et le PC, a notamment dévoilé son concept d’Octogone Parc.

Cette « trame verte » le long des boulevards ceinturant le centre-ville, s’accompagnerait d’un aménagement des contre-allées transformées en pistes cyclables et d’une limitation de la circulation automobile. Il faudra bien cela pour mettre chaque Toulousain, comme Nadia Pellefigue le souhaite, à « 5 minutes » d’un mode de transport en commun, d’un commerce, d’un espace vert et d’un lieu de culture.

Débat autour de la patinoire

Critiqué pour son bilan et son manque d’ambition par la candidate socialiste, Jean-Luc Moudenc a également été la cible cette semaine des attaques d’Archipel Citoyen. Après l’installation d’une patinoire pour les vacances d’hiver place du Capitole, « nécessairement énergivore », Antoine Maurice a dénoncé « l’écologie cosmétique et de salon » et la « profonde distorsion entre les discours et les actes » du maire sortant.

« La patinoire place du Capitole consomme en quinze jours l’équivalent de 0,024% de la consommation électrique annuelle de la mairie et de la métropole et 0,00155% de leur consommation annuelle en eau. Soit la quantité d’eau utilisée pour produire deux jeans en coton ! Qui peut croire sérieusement que la planète se porterait mieux sans cette consommation anecdotique ? », s’est défendue l’équipe d’Aimer Toulouse. La polémique a pris une tournure politique, Jean-Luc Moudenc appelant finalement les électeurs « à choisir entre deux modèles », « l’écologie négative, basée sur la contrainte, sans effet réel sur l’environnement » d’Archipel ou « l’écologie efficace et pragmatique ».

Mais c’est Archipel Citoyen qui a eu le mot de la fin mercredi au sujet de cette patinoire qui selon ses calculs « consomme autant d’électricité en quinze jours que l’équivalent de dix familles de quatre personnes ». Pour la liste participative, « elle est le symbole d’un vieux monde qui refuse de reconnaître la finitude des ressources et la remise en cause nécessaire de nos modes de vie et de nos comportements ».
Johanna Decorse

Sur la photo : Après un Central Parc au Ramier, Nadia Pellefigue veut initier l’Octogone Parc, une « promenade urbaine » entre les boulevards. Crédits Rémy Gabalda - ToulÉco.

P.S. :

Après avoir présenté les derniers noms de sa liste issue à 80 % de la société civile, Franck Biasotto, soutenu par le MoDem, est revenu cette semaine sur la question des revenus de Jean-Luc Moudenc soulevée par Vincent Jauvert dans son livre Les Voraces.

L’ancien adjoint au logement exclu de LREM pour avoir présenté une liste dissidente, s’interroge sur le manque de transparence du maire sortant. Il veut comprendre pourquoi ce dernier ne communique pas le montant de ses revenus de haut-fonctionnaire au sein du Contrôle général économique et financier (CGefi) à Bercy, qui, entre 2014 et le 1er octobre 2019, se sont cumulés avec ses indemnités de maire.

« Un poste rémunéré jusqu’à 99.044 euros en 2011 (…) M. Moudenc en dépit de la demande de certains journalistes, a refusé de donner le montant des revenus qu’il a tiré ces dernières années de cet emploi et il a aussi refusé de communiquer sa déclaration de patrimoine car celui-ci serait familial. Pourquoi, alors que la loi va l’y obliger à la fin de son mandat à partir du 23 mars 2020 ? », s’interroge Franck Biasotto.

Jusqu’à présent, le candidat LR a seulement confirmé, sans la chiffrer, la rémunération émanant du CGefi durant les cinq dernières années. Elle était selon lui inférieure à celle qu’il touchait entre 2008 et 2012 alors qu’il était élu de l’opposition en raison des aménagements qu’il avait demandés (temps partiel et télétravail) pour pouvoir se consacrer à sa fonction de maire. Mais aussi, et cette fois à titre bénévole, à sa mission de président de Toulouse Métropole et de France urbaine.

Agenda

  • Tous les vendredis jusqu’au premier tour du scrutin, retrouvez sur touleco.fr la rétrospective politique de la semaine et les faits qui ont marqué la campagne des municipales.

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Source : https://www.touleco.fr/Municipales-a-Toulouse-la-retro-de-la-semaine,28116