Recyclage. Comment la Haute-Garonne tente de combler son retard

Même si on recycle davantage en Haute-Garonne, le tri simplifié de tous les plastiques, obligatoire en 2023, ne sera réalisé pleinement sur le territoire départemental qu’en 2025.

Du côté de Citéo Occitanie, l’entreprise privée à but non-lucratif chargée du recyclage des emballages ménagers et des papiers graphiques dans la région, on veut voir le verre (recyclé) à moitié plein. « Les résultats pour la Haute-Garonne sont encourageants. Nous avons pu, grâce au tri réalisé sur le département, éviter à 780.000 tonnes d’emballages de finir enfouies ou incinérées. Les chiffres hauts-garonnais (+2 % pour le recyclage du verre et +8 % pour les autres matériaux) sont en deçà de la moyenne régionale, mais cela s’explique par le fait que le département est plus urbanisé », estime Laure Poddevin, directrice régionale de Citéo. Celle-ci reconnaît que la Haute-Garonne a « un temps de retard sur le tri simplifié de tous les plastiques ».

Cette nouvelle façon de trier permet aux habitants de rajouter les pots, barquettes et films plastiques dans les poubelles jaunes où ils ne pouvaient jusqu’alors jeter que les bouteilles et les flacons en plastique. Ce mode de tri sera obligatoire, dans toute la France, à compter du 1er janvier 2023. Certains départements ont pris de l’avance, pas la Haute-Garonne. « Au début de l’année, on était à 63 % des habitants d’Occitanie qui pouvait faire ce tri, 8 % seulement en Haute-Garonne », avoue la directrice régionale. Comment expliquer ce retard ? « Par la nécessité d’une modernisation des centres de tri actuels, avec la mise en place d’un système de tri optique », explique Laure Poddevin.

Des solutions de tri transitoires, notamment en Lozère et dans le Tarn-et-Garonne

À partir de cette fin d’année, les choses vont quelque peu changer, tous les Hauts-Garonnais pourront désormais réaliser le tri simplifié. Mais le tri ne sera pas opéré en totalité en Haute-Garonne. Une partie des déchets sera amenée par Citéo en Lozère (48), à Mende. Vincent Terrail-Novès, vice-président de Toulouse Métropole et président du syndicat mixte Decoset, qui gère le tri sélectif pour le nord du département, affirme que ce surtri va pas « causer pas de coûts supplémentaires » pour les organisations de tri. Une autre partie des flux du centre de tri de Toulouse sera elle gérée en collaboration avec la Drimm, organisation de tri située à Montech, dans le Tarn-et-Garonne. Le reste des déchets toulousains est trié à Toulouse au prix d’aménagements dans le centre de tri. Les investissements induits seraient de l’ordre de 250.000 euros.

Ces « solutions transitoires » sont mises en place dans l’attente de la création du centre de tri de Bessières, en Haute-Garonne, qui pourra gérer tous les plastiques. Mais l’ouverture de celui-ci n’est prévue qu’en 2025. Car Decoset, le comité syndical qui gère le traitement et les collectes sélectives de 152 communes en Haute-Garonne (lire encadré), est actuellement en phase de consultation et de négociation pour sélectionner l’entreprise qui va réaliser les travaux. Le coût de ceux-ci devrait s’élever « aux alentours de 46 millions d’euros ». La société retenue sera dévoilée courant 2023.

« Les investissements et les coûts d’exploitation vont être pris en charge par la société industrielle Econotre, dans le cadre du contrat qui nous lie. Cependant les EPCI [1] comme Decoset ne percevront plus, du fait de ce nouveau système de tri, de recettes liées au carton et au plastique. Cette perte, qui représente 1,8 million d’euros par an, sera compensée pendant deux ans », détaille Vincent Terrail-Novès. Chez Citéo, on estime que « le tri simplifié de tous les plastiques va permettre de recycler trois kilos par an et par habitants supplémentaires qui vont venir se rajouter aux 15 kilos par an et habitant déjà recyclés ».
Matthias Hardoy

Sur la photo : Un centre de tri de Citéo. Crédit : Citéo-William Alix-Sipa Press.

->L’enjeu de l’information du public :

En 2023, les collectivités vont informer les habitants des changements de règles de tri « à travers des courriers, l’envoi de mémo pédagogiques, de collants pour les poubelles ». « Des kits seront envoyés aux syndics de copropriété ou aux bailleurs sociaux » car « il est parfois moins facile de trier dans l’habitat collectif », reconnait-on chez Citéo. Des campagnes de communication (sur les abri-bus, etc.) « sont envisagées par certaines mairies ».

->Decoset : 152 communes et plus d’un million d’habitants
Comité syndical créé en 1993, Decoset a pour vocation de mettre en place une filière de traitement et de valorisation des déchets ménagers. Placé sous la président de Vincent Terrail-Novès, également maire de Balma et premier vice-président de Toulouse Métropole, l’organisation rassemble les huit plus grandes collectivités du nord de la Haute-Garonne. Toulouse Métropole bien sûr, mais aussi : les communautés de communes des Coteaux du Girou, du Frontonnais, du Val’Aïgo, des Hauts Tolosans, du Grand Ouest, du Sicoval, et des Côteaux de Bellevue. L’ensemble représente huit EPCI totalisant 152 communes et une population de 1.021.057 habitants.

Notes

[1Établissement public de coopération intercommunale.

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Source : https://www.touleco.fr/Recyclage-Comment-la-Haute-Garonne-tente-de-combler-son-retard,35885